Si la population suisse avait dû voter au mois d'août, elle aurait donné un oui assez solide tant à la loi sur l'e-ID qu'à la réforme de l'imposition de la propriété du logement, selon un sondage SSR. Mais la formation de l'opinion n'est pas la même pour les deux objets
A cinq semaines du scrutin du 28 septembre, 58% des personnes interrogées auraient voté en faveur de la réforme des impôts immobiliers cantonaux sur les résidences secondaires. Elles auraient dit non à 33%, montre le sondage de l'institut gfs.bern publié vendredi. Mercredi dernier, le sondage Tamedia donnait lui aussi le oui vainqueur, mais avec une plus grande marge (65%).
Plusieurs clivages apparaissent dans le sondage: 68% des propriétaires de logements soutiennent le texte contre seulement 40% des locataires. L'approbation est aussi plus marquée en Suisse alémanique qu'en Suisse romande ou italophone. Enfin, les habitants des villes se montrent plus réservés que ceux qui habitent à la campagne, notent les auteurs de l'étude.
L'âge est aussi un facteur clivant sur ce sujet. Les moins de 30 ans disent non d'un souffle au texte (51%), mais les chiffres montrent une augmentation à mesure que l'âge des sondés progresse avec 57% de oui pour les 40-64 ans et 64% d'approbation pour les 65 ans et plus.
Recommandation suivie
L'UDC, le PLR et le Centre ont tous les trois affichés leur soutien à la réforme de l'imposition de la propriété du logement et cette position est suivie par leur électorat. Jusqu'à 69% de leurs électorats suit cette recommandation selon l'étude. 52% des Verts'libéraux se disent également favorable à l'objet malgré la liberté de vote laissée par le PVL.
A gauche, le Parti socialiste et les Vert.e.s ont recommandé de voter non sur ce texte le 28 septembre. Un mot d'ordre qui peine à prendre au sein des bases électorales: une majorité relative de 48% est favorable à la réforme chez les sympathisants PS tandis que 44% des individus affiliés au parti écologiste voterait oui sur ce texte.
L'argument qui fait le plus mouche auprès des sondés est celui selon lequel, avec la suppression de la valeur locative, les propriétaires de logements disposeront de plus de moyens pour entretenir leurs biens immobiliers (60%). Le camp du contre peine en revanche à fédérer. L'un de ses arguments les plus forts - la réforme profiterait uniquement aux riches - ne convainc qu'à 39%.
L'UDC seule contre l'e-ID
Soumise aussi au peuple le 28 septembre, la loi sur l'e-ID semble en passe d'être acceptée. Une majorité de 60% des personnes voterait oui, contre 36% de non. Le sondage Tamedia prévoit un résultat similaire.
Le texte est largement soutenu par les sympathisants du PVL (88%), du PLR et du PS (72%) ainsi que ceux du Centre (70%). La base électorale des Vert.e.s est aussi favorable au projet, mais légèrement en retrait (64%). Seul les sympathisants de l'UDC rejettent le texte (55%).
Les foyers à revenus élevés (dès 9000 francs suisses) approuveront plus facilement l'objet alors que le scepticisme voire le refus du texte règne davantage dans les catégories de revenus inférieures (3000-5000 francs suisses). Le niveau d'étude est également un facteur de clivage, les personnes d'un niveau d'éducation élevé étant favorables au projet. Plus le niveau d'éducation baisse, plus le rejet est fort selon les auteurs.
L'argument qui fait le plus mouche est celui selon lequel une solution d'Etat est préférable à une dépendance envers des géants de la tech (81%). De son côté, le camp du non marque des points en signalant que l’introduction de l’e-ID pourrait réduire les services analogiques des autorités et ainsi désavantager les personnes ayant moins d’affinités avec le numérique.
Evolution possible
Le taux de formation de l'opinion est peu avancé concernant la réforme de l'imposition de la propriété du logement, notamment à cause du nombre d'indécis (9%). Cela peut donc laisser de la marge aux effets de la campagne et faire évoluer les mentalités, note les auteurs de l'étude
En revanche, le taux de formation de l'opinion est considéré comme moyennement avancé pour l'e-ID. 58% des sondés ont déjà fait un choix ferme et seul 4% se montrent indécis. Cela s'explique notamment par le fait que les Suisses ont déjà voté sur l'identité électronique le 7 mars 2021.
L'enquête a été réalisée entre le 4 août et le 18 août 2025 auprès de 13’761 titulaires du droit de vote. La marge d’erreur est de +/- 2.8 points de pourcentage.
/ATS










