Accalmie au Tessin et en Suisse centrale après le passage d'Alex

Après les fortes précipitations qui ont touché de vendredi à samedi le Tessin et la Suisse ...
Accalmie au Tessin et en Suisse centrale après le passage d'Alex

Après les fortes précipitations qui ont touché de vendredi à samedi le Tessin et la Suisse centrale, le vent s'est imposé dimanche sur tout le pays. Contrairement à l'Italie où la tempête Alex a fait des victimes, aucun blessé n'est à déplorer en Suisse.

Après la pluie, un fort vent de sud-ouest s'est levé dans la nuit de samedi à dimanche. Météosuisse a mesuré des rafales de 139 km/h au Chasseral, 116 km/h à la Dôle. La plaine n'a pas été épargnée: il a soufflé à 107 km/h à Delémont, 94 à Neuchâtel et 73 km/h à Genève.

Mais la tempête a surtout mobilisé les états-majors de crise samedi, notamment au Tessin et en Suisse centrale. Les pluies diluviennes ont fait déborder les rivières, tandis que le foehn a déferlé dans les vallées alpines.

Dimanche, le col du Gothard est resté fermé après les précipitations. Les mauvaises conditions météo ont empêché le déblayage et les réparations de la chaussée dans la nuit et dimanche entre Hospental (UR) et le col, a indiqué l'Office fédéral des routes (OFROU). Les travaux reprendront lundi matin.

D'autres cols restaient encore impraticables. Parmi eux, le Susten, le Nufenen, le Simplon, le Grimsel, la Furka, le Klausen et le San Bernadrino, selon le TCS.

Déluge au Tessin

Samedi, le Tessin était littéralement noyé sous les précipitations. A Camedo, dans les Centovalli, il est tombé 421 millimètres en 24 heures, une situation qui n'était plus arrivée depuis 1901, selon Météosuisse. La vallée d'Orsenone a reçu 375 millimètres durant le même laps de temps.

De telles valeurs ne sont observées que très rarement, précise l'institut de météorologie. Les eaux du Ticino ont débordé. Le débit de la rivière Maggia a atteint 2337 mètres cubes par seconde, un chiffre record.

Au nord des Alpes, c'est surtout les cantons d'Uri, Nidwald et Glaris qui ont été débordés. A Seedorf (UR), l'alarme de crue de la Reuss s'est déclenchée vendredi à minuit. Les pompiers se sont activés à protéger les bâtiments contre les inondations, à réparer les dégâts provoqués par la montée des eaux et à mettre en place des barrières.

La police a fermé tôt samedi matin l'autoroute A2 entre Beckenried (NW) et Erstfeld (UR), afin d'y détourner les eaux de la Reuss. L'A2 fait partie d'un plan de protection contre les crues de la Reuss. La station-service sur l'autoroute du Gothard ainsi que le centre du trafic poids lourds d'Erstfeld ont dû être évacués.

Dans le canton de Glaris, treize personnes ont été évacuées dans la petite localité de Diesbach. Le ruisseau du village charriant des sédiments menaçait de sortir de son lit. La situation s'est normalisée dans l'après-midi. Les habitants ont pu regagner leur domicile en fin de journée et la route cantonale a été rouverte dimanche matin.

Plus de danger de crues

Une accalmie qu'a confirmée dimanche l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) notamment pour les cours d'eau et les lacs. Tôt dimanche matin, le lac Majeur cotait tout juste en dessous du niveau de danger 3 (sur 5). De manière générale, les débits ont fortement diminué dans toutes les régions placées sous alerte pour se retrouver de nouveau au niveau 1.

Outre les eaux en furie samedi, le vent a balayé le Sud des Alpes et les vallées alpines. En Léventine, à la pointe Matro (2171 mètres), des bourrasques ont atteint 181,1 km/h , la seconde valeur la plus élevée jamais enregistrée durant une tempête de sirocco, selon Météosuisse.

Au nord des Alpes, un foehn puissant a balayé le canton de Glaris. A Elm, des rafales ont atteint 159 km/h. Sur le Gütsch, au-dessus d'Andermatt (UR), il a soufflé jusqu'à 169 km/h.

Sous contrôle en Valais

En Valais, c'est surtout la partie du haut du canton qui a été touchée. Plusieurs routes secondaires de montagne ont dû être fermées en raison d'éboulements. La station de mesure de Binn, dans la vallée du même nom, a enregistré 265 millimètres de pluie en 24 heures, soit un record depuis le début des enregistrements en 1864, selon la police valaisanne. L'alerte a été levée à 16h30.

Plus bas, le Rhône a fait l'objet d'une surveillance constante. Les milliers de m3 de matériaux charriés par le Rhône feront l'objet d'une opération d'évacuation, mais des troncs entiers pourraient flotter ces prochains jours dans le Léman, a mis en garde le porte-parole de la police valaisanne.

/ATS