Agroscope: percée dans la lutte contre la mouche suzukii

Nouvelle percée dans la lutte contre la drosophile du cerisier (Drosophila suzukii). Des chercheurs ...
Agroscope: percée dans la lutte contre la mouche suzukii

Agroscope: percée dans la lutte contre la mouche suzukii

Photo: KEYSTONE/EPA/FREDRIK VON ERICHSEN

Nouvelle percée dans la lutte contre la drosophile du cerisier (Drosophila suzukii). Des chercheurs d’Agroscope, avec des confrères autrichiens, ont développé une méthode qui leur permet d’identifier le matériel génétique de l‘insecte dans l’estomac de ses prédateurs.

La drosophile du cerisier est une espèce exotique qui cause de graves dommages dans l’agriculture suisse. Contrairement aux mouches du vinaigre indigènes, elle peut attaquer des fruits et des baies intactes, sur le point de mûrir, en y déposant ses œufs. Les fruits pourrissent alors rapidement et ne peuvent plus être commercialisés.

Il est difficile de lutter contre cette drosophile, car elle se multiplie très vite et ses larves sont bien protégées dans les fruits. Outre les méthodes de lutte physique comme la couverture des vergers par des filets par exemple, les antagonistes naturels de la drosophile du cerisier pourraient également jouer un rôle à l’avenir.

Tandis que certaines études ont été réalisées sur les guêpes parasites indigènes comme antagonistes, on ne sait pratiquement pas quels prédateurs se régalent de la drosophile du cerisier. Il est difficile de le trouver à partir d’observations en plein champ. Par ailleurs, les essais de nutrition en laboratoire ne reflètent que dans une moindre mesure la réalité sur le terrain.

Qui mange la mouche suzukii?

En collaboration avec le Pr Michael Traugott, de l’Université d’Innsbruck (A), les spécialistes d’Agroscope à Zurich-Reckenholz, sous la direction de Jana Collatz, ont développé une méthode moléculaire qui se sert du matériel génétique de la drosophile du cerisier pour déterminer ses prédateurs.

Ils ont développé deux fragments courts d’ADN (appelés amorces) qui se lient spécifiquement à l’ADN de la drosophile du cerisier, mais pas à l’ADN des autres espèces de mouches du vinaigre.

Cette méthode permet d’étudier les prédateurs potentiels: insectes et araignées sont collectés sur le terrain et ensuite testés en laboratoire à l’aide de la nouvelle méthode. Si un prédateur a mangé une drosophile du cerisier, ses œufs ou ses larves, l’ADN de celle-ci se retrouvera dans son estomac et se liera à la paire d’amorces.

Cette méthode a permis aux scientifiques d’Agroscope d’identifier des perce-oreilles, des araignées, des punaises et quelques staphylinidés qui avaient mangé des drosophiles du cerisier. La méthode est simple à utiliser et peut contribuer à identifier d’autres prédateurs.

Il sera ensuite possible de mieux protéger ces derniers ou de les stimuler de manière ciblée. Ces travaux sont publiés dans le Journal of Pest Science.

Guêpe japonaise

Un autre avancée avait été enregistrée en janvier dernier: un doctorant de l’Université de Neuchâtel a identifié une petite guêpe japonaise - du genre Ganaspis - comme prédateur naturel. Elle dépose ses œufs dans les larves de la mouche suzukii.

Introduite en 2008 depuis l’Asie, vraisemblablement à l’état larvaire dans des fruits infestés, Drosophila suzukii entraîne des pertes considérables. Aux Etats-Unis, les coûts dus à ce fléau se montent à plus de 500 millions de dollars par an. Fraises, framboises, myrtilles ou abricots figurent parmi les victimes de ce ravageur.

/ATS
 

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