Alstom compte franchir les obstacles sur la concurrence

Alstom est confiant dans sa capacité à s'entendre avec la Commission européenne (CE) pour résoudre ...
Alstom compte franchir les obstacles sur la concurrence

Alstom compte franchir les obstacles sur la concurrence

Photo: Keystone

Alstom est confiant dans sa capacité à s'entendre avec la Commission européenne (CE) pour résoudre les questions de concurrence liées à son projet de fusion avec le pôle ferroviaire de Siemens. Les conséquences de l'opération sont encore incertaines pour la Suisse.

L'officialisation, mardi soir, de ce projet de rapprochement pour mieux lutter contre le géant chinois CRRC continue de favoriser Alstom en Bourse (+5,45% vers midi). Son principal actionnaire Bouygues, qui profitera de l'occasion pour se désengager partiellement, domine l'indice CAC 40 (+2,48%).

'Ce qui rend cette opération attractive, ce sont les synergies annuelles de coûts prévues de 470 millions d'euros (532 millions de francs) quatre ans après la clôture de l'opération', écrit Barclays dans une note. 'Si elle réussit, cette opération devrait à notre avis créer une valeur notable pour les deux parties.'

Peu de craintes

Henri Poupart-Lafarge, le directeur général d'Alstom qui dirigera Siemens Alstom au côté d'un président non exécutif allemand, s'est dit bien conscient que la Commission européenne passerait au crible les implications d'une opération d'une telle taille sur la concurrence dans le Vieux Continent.

'Mais il n'y a pas de surprise non plus de notre côté : si nous suivons cette voie, c'est parce que nous sommes confiants dans le fait que nous trouverons une solution avec la CE', a-t-il dit mercredi aux analystes.

Il a déclaré ne pas craindre trop de pertes de chiffre d'affaires à cause des éventuelles concessions sur le plan de la concurrence, prévoyant en revanche des synergies rapides sur les coûts d'approvisionnement et la recherche et le développement.

L'accès du nouvel ensemble à la chaîne de fournisseurs à bas coûts mise en place par Alstom, notamment en Inde, produira aussi des économies qui n'ont pas été prises en compte dans le calcul des synergies, a souligné Henri Poupart-Lafarge. La mise en oeuvre du rapprochement devrait coûter quelque 250 millions d'euros au nouveau groupe, a-t-il également indiqué.

Amélioration des marges

Au total, a précisé Siemens dans sa propre présentation aux analystes, le nouvel ensemble table sur une marge opérationnelle ajustée de 11% à 14% d'ici 2023 contre 8% en 2016, atteignant des marges à deux chiffres dès l'exercice 2020 au plus tard.

La fusion, qui créera un groupe de plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2023, devrait être relutive en termes de bénéfice par action au bout de deux ans après la clôture de l'opération, a fait valoir le groupe allemand.

A la réalisation de la transaction, espérée fin 2018, Siemens aura 50,67% du nouvel ensemble, une fois prise en compte les émissions potentielles d'actions via des stock options et des attributions d'actions gratuites, a indiqué de son côté Henri Poupart-Lafarge.

Questions ouvertes en Suisse

Présentée par le gouvernement français comme un 'rapprochement entre égaux', la fusion se traduit dans les faits par une prise de contrôle d'Alstom par Siemens.

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a salué l'opération en se disant confiant des engagements sur l'emploi. Il a également assuré que le gouvernement français serait vigilant quant à la préservation de ses intérêts stratégiques grâce à son influence sur les commandes publiques que le nouvel ensemble recherchera.

En Suisse, Siemens emploie 5300 personnes, dont 800 actives dans le segment Mobility, affecté par la fusion. Les effets de la fusion pour le pays ne sont pas encore connus, a indiqué à l'ats un porte-parole de l'entreprise.

Alstom ne compte pour sa part que 30 employés en Suisse après que l'Américain General Electric (GE) a repris la majeure partie des activités helvétiques l'an dernier. Une porte-parole n'a pas voulu évaluer l'impact de la fusion pour la Suisse.

Possible consolidation

Henri Poupart-Lafarge a de son côté laissé la porte ouverte à une poursuite de la consolidation dans le secteur ferroviaire, estimant que Siemens Alstom en constituerait le tremplin.

Siemens a choisi de s'allier à Alstom après avoir discuté, selon des sources au fait du dossier, avec le canadien Bombardier, pour lequel le rapprochement franco-allemand est un coup dur. Henri Poupart-Lafarge a indiqué qu'Alstom et Siemens poursuivraient leurs consortiums actuels avec Bombardier.

Le futur directeur général de Siemens Alstom a souligné que la croissance externe du nouveau groupe serait concentrée dans un premier temps sur l'acquisition de nouvelles technologies et les implantations géographiques.

Il a souligné que Siemens Alstom investirait en particulier en Chine, pour profiter de l'imposante croissance attendue des dessertes ferroviaires ainsi qu'en Russie.

/ATS