Big data et santé: l'inaction n'est pas une option

Alors que nous transmettons de plus en plus de données aux entreprises, notamment sur notre ...
Big data et santé: l'inaction n'est pas une option

Big data et santé: l'inaction n'est pas une option

Photo: Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Alors que nous transmettons de plus en plus de données aux entreprises, notamment sur notre santé, le médecin Bertrand Kiefer met en garde contre notre 'naïveté hallucinante face au big data'. Il faut agir au plus vite, explique-t-il samedi dans la Tribune de Genève.

Pour illustrer cette 'naïveté hallucinante', le rédacteur en chef de la Revue médicale suisse prend l'exemple de la géolocalisation via les smartphones: peu de gens savent qu'elle permet de détecter l'entrée en dépression d'une personne, car celle-ci se déplace moins et marche moins vite.

Bertrand Kiefer explique que la récolte, le stockage et l'analyse des données médicales, 'c’est le pétrole de demain'. Pour faire face aux grandes entreprises, il faut s'unir et agir vite, car elles 'arrachent les talents des universités'.

Selon lui, il est important de développer un système de stockage de données et d'intelligence artificielle. Pour cela, il faut que plusieurs acteurs, tels que les universités et le système de santé, s'associent. Ce projet d'envergure pourrait, par exemple, être porté par la Confédération. 'Rien ne sert d’investir dans des tunnels ou des avions de chasse si toutes nos données sont chez Google!', relève M. Kiefer.

Patient et cothérapeuthe

Le médecin ne nie pas que ces technologies de contrôle du corps 'rencontrent un marché'. Leurs bienfaits sur la santé ne sont pas prouvés, mais nous les utilisons car elles donnent une impression 'de contrôle qui vise à diminuer l'angoisse de l'incertitude', analyse-t-il.

Malgré ces mises en garde, Betrand Kiefer reconnaît que la technologie peut aussi amener des avancées. Les données des patients ne seront plus la chasse gardée du médecin ou de l'hôpital mais le suivront, ce qui permettra le développement des soins à domicile. 'Le patient va acquérir plus de pouvoirs, devenir cothérapeute de lui-même', conclut-il.

/ATS