Conflit sur les retraites en France: pas de trêve de Noël en vue

La mobilisation contre la réforme controversée des retraites en France entre dans sa troisième ...
Conflit sur les retraites en France: pas de trêve de Noël en vue

Retraites françaises: grande réunion au 15e jour de grève

Photo: KEYSTONE/AP/BC

La mobilisation contre la réforme des retraites est entrée jeudi en France dans sa troisième semaine. L'incertitude régnait sur un éventuel compromis du gouvernement, qui a reçu les partenaires sociaux, et le sort des trains pendant les vacances de Noël.

Après avoir reçu les organisations syndicales et patronales les unes après les autres mercredi, le premier ministre français Édouard Philippe les a réunies jeudi après-midi pour tenter de trouver une issue au conflit.

Avant cette réunion, le président français Emmanuel Macron et Édouard Philippe 'se sont rencontrés durant une heure à l'Élysée' et 'se sont accordés sur les orientations prises', a indiqué l'Elysée. Le premier ministre est en première ligne, au côté de Laurent Pietraszewski, le nouveau 'M. retraites'.

Un 'simulateur' permettant à chacun de savoir s'il sera concerné ou pas par le futur système a été mis en ligne jeudi par le gouvernement.

'Disposé' à améliorer le projet

Emmanuel Macron, pour sa part, a fait savoir qu'il était 'disposé' à 'améliorer' le projet, qui doit être transmis au conseil d'État avant Noël et présenté en conseil des ministres le 22 janvier. Le chef de l'État s'est fixé pour 'objectif d'obtenir une pause du mouvement social pendant les fêtes', selon l'Élysée.

La CFDT fait toujours de l''âge d'équilibre', dont Édouard Philippe a proposé qu'il soit fixé à 64 ans, un casus belli. 'On est très, très loin d'un accord', avait prévenu mercredi soir le patron du syndicat réformiste, Laurent Berger.

Globalement favorable à la réforme mais toujours opposé à cet âge d'équilibre assorti d'un bonus-malus dès 2022 pour inciter à travailler plus longtemps et équilibrer les comptes, il a prévenu jeudi qu''en janvier, s'il n'y a pas d'avancée, la CFDT continuera à se mobiliser'.

Au 15e jour d'une grève illimitée, malgré un léger mieux, les difficultés continuaient pour les usagers de la RATP et de la SNCF, qui a dévoilé son plan de circulation pour les 23 et 24 décembre: elle va supprimer 59% des TGV, et 48% des voyageurs ayant réservé devront échanger leur billet. Les trains circulant les 25 et 26 décembre seront annoncés vendredi.

Taux de grévistes en baisse

En attendant, pour la journée de vendredi, 16e jour de grève, la situation dans les transports devrait s'améliorer par rapport aux jours précédents avec la moitié des TGV et un Transilien sur quatre 'en moyenne' en circulation. Petit mieux aussi pour les usagers de la RATP avec 6 lignes de métro fermées mais une 'amélioration globale', a annoncé la direction de la régie.

Jeudi, la SNCF enregistrait une baisse du taux de grévistes, descendu à 11,7% contre 13,6% la veille, et 60,5% des conducteurs après 65,6% mercredi.

La CGT, Force ouvrière, la CFE-CGC, Solidaires et la FSU, qui réclament le retrait pur et simple du projet de système universel de retraite à points, ont appelé à des actions locales jusqu'à fin décembre. A mesure que 'les jours passent', a prévenu le chef de la CGT, Philippe Martinez, 'la colère peut se transformer en plus de colère'.

Des manifestations

Plusieurs cortèges ont à nouveau été organisés jeudi dans toute la France. A Rouen, 1100 personnes selon la police, 3000 pour la CGT ont défilé. 'On ne veut pas être esclave. On ne négociera pas sur le poids des chaînes et du boulet. Il n'y aura pas de trêve! On ne lâchera rien!', a déclaré Fabrice Lerestif, secrétaire FO 35, au départ de la manifestation rennaise, qui a réuni 1300 à 2000 personnes, selon les sources. Un millier de personnes ont défilé à Marseille, selon la préfecture de police.

A Paris, plusieurs centaines de personnes ont marché dans le calme entre la gare de Lyon et la gare de l'Est, a constaté un journaliste de l'AFP.

La journée a aussi été marquée par des coupures d'électricité en série. Le gestionnaire du réseau de distribution Enedis a dénoncé des 'actes de malveillance', qui ont affecté jusqu'à 18'000 foyers dans les Pyrénées-Orientales et l'Aude. D'autres coupures d'électricité ont été relevées, près de Marseille. Ce type d'actions s'est multiplié ces derniers jours.

/ATS