Croissance au ralenti en Suisse en 2019, selon le FMI

L'économie suisse va ralentir temporairement en 2019, après une croissance robuste ces dernières ...
Croissance au ralenti en Suisse en 2019, selon le FMI

Croissance au ralenti en Suisse en 2019, selon le FMI

Photo: KEYSTONE/ANTHONY ANEX

L'économie suisse va ralentir temporairement en 2019, après une croissance robuste ces dernières années, selon le Fonds monétaire international (FMI). Des risques potentiels subsistent tant sur le plan intérieur qu'extérieur.

Pour l'année en cours, le FMI table sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,1%. Il rejoint la prévision du Secrétariat d'Etat à l'économie. La BNS s'attend quant à elle à 1,5%. L'année passée, la croissance a atteint 2,5%. Pour les experts du FMI, le ralentissement ne sera que passager. Ils prévoient une croissance du PIB de 1,5% en 2020.

Les risques pour l'économie helvétique pourraient venir d'une aggravation des tensions commerciales internationales et des incertitudes politiques en Europe en particulier à cause du Brexit, a expliqué lundi Rachel van Elkan, cheffe de mission du FMI, au terme de la visite annuelle de l'organisation en Suisse. Mais la pression vient aussi de l'intérieur.

Trop d'hypothèques

Le FMI voit des risques sur le marché immobilier et hypothécaire helvétique, en particulier dans le segment des immeubles résidentiels de rendement. Environ 85% des actifs des banques sont concentrés dans des prêts hypothécaires. Les fonds de pension et les assurances sont également très exposés.

Un choc sur les prix de l'immobilier pourrait avoir des résonances sur l'économie. Le taux d'endettement des ménages suisses est en outre l'un des plus élevés au monde. Bien que des mesures aient été prises au niveau politique, le FMI recommande à la Suisse de faire encore plus en ce sens et de continuer à améliorer le cadre de régulation des marchés financiers.

Equilibre à trouver

La politique monétaire menée par la Suisse a permis d'atténuer les effets du franc fort et de stabiliser l'inflation et ceci malgré un contexte difficile. Les finances publiques sont solides, mais davantage d'investissements de l'Etat pourraient contribuer à soutenir l'économie helvétique, a relevé Mme van Elkan.

Il faudrait mieux équilibrer le recours à la politique monétaire et à la politique budgétaire. Cette dernière est un instrument efficace contre l'évolution des technologies et le vieillissement de la population. Les infrastructures stimulant la croissance doivent bénéficier d’investissements suffisants et les assurances sociales faire l’objet des réformes nécessaires, a expliqué l'experte.

Le FMI sous-estime le niveau des investissements publics, a répondu Serge Gaillard, chef de l'Administration fédérale des finances. Les dépenses dans les secteurs de la santé, de l'éducation ou les transports ont fortement augmenté.

Elles ont largement soutenu l'économie et ce dans un contexte de franc fort. Deux cent mille emplois ont été créés ces dix dernières années dans la santé, l'éducation et l'administration, a indiqué M. Gaillard.

FINMA à soutenir

Dans leur appréciation, les experts du FMI proposent d'améliorer le rôle de la FINMA et d'en augmenter les effectifs. L'organe de surveillance des marchés financiers et des assurances devrait pouvoir faire davantage de contrôles sur le terrain en particulier auprès des plus grandes banques.

Des progrès ont été faits pour augmenter la sécurité du secteur financier et prévenir les crises, notent les experts du FMI. La capacité de résistance du secteur financier s’est accrue, de même que la capitalisation et les liquidités dans le secteur bancaire ont augmenté.

Mais la Suisse pourrait s'engager encore plus pour atteindre les normes internationales en la matière. Un rejet de la réforme fiscale des entreprises liée à l'AVS, en votation le 19 mai, serait risqué, mettent-ils aussi en garde.

La délégation du FMI a effectué l'examen de la Suisse du 21 mars au 1er avril auprès de représentants de l’administration fédérale, de la Banque nationale suisse, de la FINMA et du secteur privé. Outre l'examen annuel de la situation économique et financière de la Suisse, elle a aussi procédé à une analyse du secteur financier comme elle le fait tous les cinq ans.

/ATS