Déjà plus de 200 offices postaux sur la sellette en Suisse

Ces derniers mois, La Poste a annoncé progressivement le nombre d'offices postaux menacés de ...
Déjà plus de 200 offices postaux sur la sellette en Suisse

Déjà plus de 200 offices postaux sur la sellette en Suisse

Photo: Keystone

Ces derniers mois, La Poste a annoncé progressivement le nombre d'offices postaux menacés de fermeture dans chaque canton. Une première évaluation montre qu'actuellement 202 offices de 15 cantons sont en péril. Cantons et communes critiquent la démarche.

En octobre dernier, La Poste a déclaré vouloir fermer 600 offices d'ici 2020. Des 1400 bureaux existants aujourd'hui, il n'en resterait que 800 à 900. Le géant jaune a depuis rendu public ses plans pour plus de la moitié des cantons.

Les discussions sont encore en cours pour certains cantons, notamment romands. Les décisions devraient être annoncées ces deux prochaines semaines, a dit à l'ats le service de communication de La Poste.

Selon l'inventaire de l'ats, 202 offices de 15 cantons sont aujourd'hui sur la sellette. Plusieurs centaines de places de travail sont touchées. La Poste garantit l'exploitation de 356 bureaux jusqu'en 2020 au moins. Parallèlement, elle souhaite introduire près de 220 nouveaux points d'accès.

Villes pas à l'abri

Berne est le canton le plus touché jusqu'à présent. Près de la moitié des offices (76) pourrait être transformé en agence ou fermé. A Neuchâtel, 14 bureaux sont visés, soit un sur trois. Dans les Grisons, à Schwyz et à Soleure près d'un sur deux est menacé. Dans le canton de Zurich, 26 offices postaux sont menacés de fermeture, annonçait mardi La Poste.

Contrairement à ce qu'on attendait, ces fermetures ne touchent pas que les régions rurales comme les Grisons, Obwald, Nidwald ou Glaris, mais aussi les villes et les agglomérations. Le canton de Bâle-Ville a pu, pour l'instant, sauver sa poste principale au centre-ville.

Que veut dire 'examiner'?

Pour les syndicats, le groupe abandonne son mandat d'un service public global. Ils critiquent la 'tactique du salami' de La Poste qui annonce les fermetures par petites bouchées, canton par canton. Malgré les projets de démantèlement, le géant jaune parle d'un 'examen individuel minutieux' pour les offices non garantis.

Syndicom ne connaît aucun cas dans lequel un office sous examen n'ait pas été fermé par la suite. La Poste effectue des examens à cause des prescriptions légales, alors que la décision est déjà tombée à l'interne, expliquait son secrétaire central Roland Lamprecht.

Cantons inquiets

La démarche étonne également les gouvernements des cantons et des villes concernées. Si La Poste parle de vérification pour chaque cas particulier, alors elle doit être effective, demandait le directeur du Département de l'économie publique des Grisons Jon Domenic Parolini, lorsque La Poste annonçait les résultats pour son canton.

Mais dans les faits, 'seule une petite partie' des 23 offices en question, sur 55, sera maintenue, avait dit le responsable du réseau postal et de la vente Thomas Baur lors de l'annonce.

La ville de Berne a fait de mauvaises expériences. Par le passé, un examen du réseau postal signifiait généralement la fermeture d'offices postaux, selon le gouvernement.

Tirer des leçons

Madeleine Deckert, présidente de la commune bernoise d'Evilard/Macolin, a expérimenté comment La Poste discute des processus de fermeture avec les communes. De son point de vue, tout ne se déroule pas de manière correcte.

'Au début, nous pensions avoir une influence sur le maintien des offices postaux. Mais au final, nous nous sommes trouvés devant le fait accompli: 'agence postale ou service de distribution'', a-t-elle écrit dans la dernière édition du journal de l'association des communes suisses.

L'ambiance était d'autant plus mauvaise que les conseillers communaux s'étaient engagés à tenir les discussions secrètes. Par après, on se sent comme instrumentalisé et un élément de la restructuration.

La Poste a tiré les leçons de ces événements. Elle veut améliorer ses processus, répond Thomas Baur dans le même journal. Le géant jaune renonce à l'accord de confidentialité lors des discussions autour des fermetures.

Intervention politique

Le Conseil national débattait mardi de la transformation du réseau de La Poste. Il exige notamment que les critères d'accessibilité des offices soient fixés au plan régional.

Aujourd'hui, 90% de la population doit pouvoir accéder aux services postaux en l'espace de 20 minutes, à pied ou en transports public. Un calcul inadapté, notamment pour les régions périphériques et de montagne.

/ATS
 

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