L'investissement étranger direct devrait reculer de 40% en 2020

Les flux d'investissements étrangers directs (IED) vont reculer de 40% dans le monde cette ...
L'investissement étranger direct devrait reculer de 40% en 2020

L'investissement étranger direct devrait reculer de 40% en 2020

Photo: KEYSTONE/AP/AMR NABIL

Les flux d'investissements étrangers directs (IED) vont reculer de 40% dans le monde cette année, selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Ils seront au plus bas depuis plus de 15 ans.

De 1540 milliards de dollars l'année dernière, ils vont s'établir seulement à plusieurs centaines de millions, selon le rapport de la CNUCED publié mardi à Genève. Ils devraient encore baisser de 5 à 10% en 2021, avant une reprise l'année suivante.

La situation est 'très incertaine', affirme le secrétaire général de l'agence onusienne Mukhisa Kituyi. Elle va dépendre de la durée de la crise sanitaire et des politiques pour 'atténuer les effets économiques de la pandémie'. L'impact combiné de la pandémie et du recul du prix des marchandises va provoquer des situations 'économiques et financières précaires' pour de nombreux pays en développement, a expliqué le secrétaire général à la presse.

Les confinements ralentissent les projets d'investissement existants. Le scénario d'une importante récession va pousser les multinationales à réévaluer les leurs. Et les gouvernements ont décidé de nouvelles restrictions en termes d'investissement.

En moyenne, les 5000 principales multinationales, qui rassemblent la plupart des IED, ont revu leurs attentes de bénéfices à la baisse de 40%. Quelques-unes prévoient même des pertes. Or, les bénéfices réinvestis constituent plus de 50% des IED.

Pays en développement davantage affectés

Dans les premiers mois de l'année, les annonces de nouveaux investissements et de fusions et acquisitions ont reculé de plus de moitié par rapport à la même période il y a un an. Les nouveaux accords sur les investissements dans les infrastructures se sont eux dépréciés de plus de 40%.

'L'impact, bien que grave partout, varie selon les régions', fait remarquer le directeur des investissements à la CNUCED James Zhan. Les pays en développement devraient être les plus affectés. Par région, les investissements seront en recul de 50% vers l'Amérique latine et de 25 à 40% vers l'Afrique et l'ensemble des pays riches. Malgré la baisse des IED, le système de production 'va continuer' à contribuer avec un rôle important à la reprise économique, selon M. Zhan.

Au total, l'année dernière, les IED avaient augmenté de 3%. Cette situation était liée à des flux plus élevés vers les pays riches et à une extension vers les économies émergentes. En revanche, ceux-ci étaient stables vers les pays pauvres. Et en recul vers les pays en développement.

Côté suisse, les investissements des multinationales vers d'autres pays, après avoir été élevés en 2018 à 60 milliards de dollars, ont reculé de plus de 80%. Et ceux vers la Suisse, très en baisse en 2018 en raison des effets de la politique fiscale américaine, ont un peu repris.

Encore selon M. Kituyi, les changements dans la production internationale, avec davantage de nationalisme et les impératifs du développement durable, vont encore être étendus par le Covid et vont largement affecter les pays en développement 'pendant la prochaine décennie'. Il faudra davantage d'investissements diversifiés, sur les marchés régionaux et dans de plus petites infrastructures, ajoute le secrétaire général. Cette situation demandera un réaménagement politique important, affirme-t-il.

/ATS
 

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