Le Conseil fédéral combat l'initiative pour les vaches à cornes

L'initiative pour les vaches à cornes restreindrait la responsabilité individuelle des agriculteurs ...
Le Conseil fédéral combat l'initiative pour les vaches à cornes

Le Conseil fédéral combat l'initiative pour les vaches à cornes

Photo: KEYSTONE/DOMINIC STEINMANN

L'initiative pour les vaches à cornes restreindrait la responsabilité individuelle des agriculteurs et créerait des incitations perverses. Fort de ces convictions, le Conseil fédéral a lancé mardi sa campagne contre ce texte, mis en votation le 25 novembre.

L’initiative populaire 'Pour la dignité des animaux de rente agricoles (initiative pour les vaches à cornes)' vise à faire augmenter de nouveau le nombre des vaches, taureaux reproducteurs, chèvres et boucs reproducteurs adultes portant leurs cornes. Pour y parvenir, les initiants demandent que la Confédération soutienne financièrement les agriculteurs qui détiennent des animaux à cornes.

Or plus un élevage compte d’animaux à cornes, plus le risque d’accidents pour l’homme et les animaux augmente, a indiqué le ministre de l'agriculture Johann Schneider-Ammann devant les médias à Berne. Une restriction des mouvements des animaux peut alors devenir nécessaire.

Cela va à l’encontre de la politique agricole suisse, qui est l'une de celles qui encouragent le plus les formes d’élevage particulièrement respectueuses du bien-être des animaux, a souligné le conseiller fédéral. Le mouvement est un des éléments du bien-être du bétail.

Compenser financièrement ailleurs

Pour financer cette nouvelle subvention, il serait nécessaire de couper dans des contributions déjà existantes, car aucun budget supplémentaire ne serait alloué à l’agriculture, ajoute M. Schneider-Ammann. Selon lui, les coûts atteindraient entre 10 et 30 millions de francs par année.

D'après les initiants, la contribution annuelle serait d'au moins 190 francs par vache et 38 francs par chèvres. Il n'en coûterait à la Confédération que 15 millions par an, une somme facilement gérable dans un budget agricole de quelque trois milliards, estiment-ils.

Interrogé sur cet argument, M. Schneider-Ammann a reconnu que l'on peut compenser cette somme, mais il doute que l'on puisse trouver des agriculteurs qui soient prêts à voir réduire leurs subventions au bénéfice de ce nouveau soutien. 'Les conflits sont programmés', a averti le chef du Département de l'économie. De plus, l’initiative entraînerait plus de bureaucratie pour les agriculteurs.

Liberté entrepreneuriale

En tant qu’entrepreneurs bénéficiant d’une liberté de choix, les agriculteurs doivent pouvoir décider s’ils souhaitent ou non détenir des animaux de rente avec ou sans cornes. La Confédération considère qu’elle n’a pas à restreindre cette liberté en offrant des contributions supplémentaires, a expliqué Johann Schneider-Ammann.

Le libéral-radical s'oppose aussi à inscrire une telle subvention dans la constitution. 'C'est un des arguments du rejet, car cela risque de créer un précédent'. Les initiants se défendent en disant que s''ils sont obligés de passer par une modification de la constitution, c'est que les démarches auprès du Conseil fédéral et du Parlement sont restées vaines jusqu'ici.

Enfin, selon le ministre de l'agriculture, il n'est pas prouvé que l'écornage fasse souffrir les animaux et qu'il soit une atteinte à leur dignité.

Pas d'interdiction

Les initiants, emmenés par le paysan Armin Capaul, figure de proue du combat, sont d'un avis totalement opposé et ils insistent justement sur la dignité de l'animal: les cornes sont un organe vivant, qui pousse durant toute la vie. Elles permettent aux animaux de communiquer, de réguler leur température et d'effectuer leurs soins corporels. Les animaux se reconnaissent grâce à elles.

Les initiants craignent une disparition des vaches à cornes. Il ne s'agit pas d'interdire l'écornage, mais de promouvoir une détention respectueuse des animaux, soulignent-ils.

Dans le premier sondage Tamedia publié vendredi passé, l'initiative rallie 53% d'avis favorables (36% 'oui' et 17% 'plutôt oui') contre 39% de refus (29% 'non' et 10% 'plutôt non'), avec 8% de citoyens qui se disent encore indécis. Comme le Conseil fédéral, le Parlement recommande le rejet du texte.

/ATS
 

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