Le Gouvernement jurassien ne veut plus du projet de géothermie

Le Gouvernement jurassien ne veut plus du projet controversé de géothermie profonde à Haute-Sorne ...
Le Gouvernement jurassien ne veut plus du projet de géothermie

Le Gouvernement jurassien ne veut plus du projet de géothermie

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Le Gouvernement jurassien ne veut plus du projet controversé de géothermie profonde à Haute-Sorne, près de Delémont. Il estime que ce projet porté par Géo-Energie Suisse suscite trop de réactions d'hostilité tant de la population que du monde politique.

'Le Gouvernement n'est plus convaincu par ce projet et ne le défend plus comme cela était le cas au début', a déclaré lundi le ministre de l'environnement David Eray. 'C'est une décision complexe hautement jurdique', a ajouté le ministre en estimant que ce revirement ne sera pas facilement accepté par le promoteur.

L'exécutif a donc annoncé vouloir retirer l'autorisation délivrée à ce projet. Il va ouvrir une procédure pouvant mener à la révocation de l'arrêté à la base du plan spécial 'Projet-pilote de géothermie profonde'. Géo-Energie Suisse devra prendre position sur cette décision. L'affaire pourrait se poursuivre devant la justice.

'Un plan spécial ne peut pas exister sans une volonté politique', a souligné David Eray. Pour le Gouvernement, l'opposition d'une partie de la population et du monde politique ne permet plus de soutenir ce projet. D'autres événements, en particulier un séisme en Corée du Sud lié à un forage de géothermie profonde, l'ont aussi conforté dans sa décision.

Feu vert du service de sismologie

A la suite de ce tremblement de terre de 2017, le Gouvernement jurassien avait gelé la suite des démarches et demandé au Service sismologique suisse (SED) une analyse. Ce rapport dévoilé lundi relève que le concept d'évaluation et de gestion des risques validé par les autorités pour le projet de Haute-Sorne s'avère pourtant solide.

Des propositions d'amélioration de ce dispositif y sont toutefois formulées. Les autorités sont conscientes que l'événement survenu en Corée du Sud ne peut pas être considéré comme un seul motif d'arrêt de ce projet, mais constatent que ces compléments proposés sont de nature à inquiéter au niveau cantonal et local.

Conséquences financières

La procédure de révocation de l'arrêté risque d'être compliquée et longue, n'a pas caché le Gouvernement qui estime que l'on ne saurait exclure qu'il puisse en résulter des conséquences financières à la charge de l'Etat au titre des indemnisations. Mais David Eray n'a pas articulé de montant.

Pour Géo-Energie Suisse, société créée en 2010, ce projet dans le Jura doit être un élément-clé dans l'évaluation de la contribution de la géothermie profonde à l'approvisionnement énergétique de la Suisse. Le projet prévoyait un investissement estimé à quelque 100 millions de francs.

/ATS
 

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