Le National donne son accord aux 24 milliards pour 2020-2024

L'armée pourra dépenser environ 24 milliards pour les années 2020 à 2024. Après plusieurs heures ...
Le National donne son accord aux 24 milliards pour 2020-2024

Le National donne son accord aux 24 milliards pour 2020-2024

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

L'armée pourra dépenser environ 24 milliards pour les années 2020 à 2024. Après plusieurs heures de débats, le National a approuvé, sans modification, l'ensemble des dépenses. Seule la gauche s'y est opposée estimant que l'armée devait répondre aux menaces réelles.

Les menaces se sont diversifiées et évoluent en permanence. Il est important de privilégier la sécurité du pays et de poursuivre la modernisation de l'armée, a expliqué Thomas Rechsteiner (PDC/AI) au nom de la commission de politique de sécurité. Pour ce faire, elle a besoin de moyens financiers.

Le camp rose-vert a tenté de renvoyer l'ensemble des projets au Conseil fédéral. De l'avis de Marionna Schlatter (Verts/ZH), les risques ont changé et les investissements doivent être adaptés à l'évolution de la menace.

Le Conseil fédéral doit tirer les conséquences de l'engagement de l'armée durant la crise du coronavirus. Le projet doit également se concentrer sur les cyberrisques, la lutte contre le terrorisme et la gestion des catastrophes naturelles. La demande a été rejetée par 121 voix contre 63.

21 milliards pour 4 ans

Les députés ont également refusé de renvoyer au gouvernement l'arrêté fédéral sur le plafond de dépenses de l'armée pour les années 2021-2024. Toutes les propositions pour réduire l'enveloppe de 21,2 milliards ont été balayées. Des diminutions seraient irresponsables, a estimé Ida Glanzmann (PDC/LU).

La gauche a dénoncé une discrépance entre les risques et le message. Les objectifs ne correspondent pas aux menaces réelles, comme le changement climatique. Les investissements n'ont pas lieu au bon endroit, a critiqué Fabien Fivaz (Verts/NE).

Une attaque armée à proximité de la Suisse est improbable, a attaqué Priska Seiler-Graf (PS/ZH), revenant sur le rapport de sécurité du Conseil fédéral. La Zurichoise aurait également voulu que les conséquences financières du coronavirus sur le budget fédéral soient évaluées. Les nouvelles menaces ne remplacent pas les anciennes, mais les complètent, a contré Jacqueline de Quattro (PLR/VD).

Le budget annuel de l'armée augmentera de 1,4%. Cela permettra le renouvellement de plusieurs systèmes, comme la flotte d'avions de combat et le système de défense sol-air. Les troupes terrestres seront modernisées et la cyberdéfense renforcée. Des investissements de près de 15 milliards seront nécessaires dans les dix prochaines années.

Crédits 2020 approuvés

Pour l'année 2020, le gouvernement demande 2,7 milliards. Toutes les tentatives de la gauche pour réduire l'une ou l'autre enveloppe ont été repoussées à près de deux contre un. La ministre de la défense Viola Amherd a rappelé que l'armée devait être prête à faire face à différentes menaces. Aucun domaine ne doit être oublié.

Les crédits pour le matériel de l'armée représentent 837 millions. Quelque 440 millions seront investis pour acheter l'équipement personnel et le matériel à renouveler en 2020. Les munitions d'instruction et leur gestion représentent 172 millions. Le reste sera consacré à des préparatifs d'achats.

L'enveloppe destinée au programme d'armement s'élève à 1,354 milliard. L'amélioration de la capacité de conduite est cruciale, notamment via des investissements dans la télécommunication résistante aux crises, a justifié Rocco Cattaneo (PLR/TI) au nom de la commission de politique de sécurité.

Les systèmes de conduite de surveillance de l'espace aérien Florako, introduits en 2004, seront remplacés pour un montant de 155 millions. L’équipement et le matériel de l'aide en cas de catastrophe, vieux de 30 ans, seront renouvelés et adaptés aux standards actuels pour 116 millions.

L'utilisation des chars de grenadiers 2000 sera prolongée jusqu'en 2040 pour 438 millions. Pour Pierre-Alain Fridez (PS/JU), ce n'est pas une priorité. Une guerre traditionnelle avec des véhicules blindés n'est plus imaginable. Quarante-cinq millions sont prévus pour la mise à niveau des avions PC-21 et de leurs simulateurs.

Parc immobilier

En matière d'immobilier, la Chambre du peuple a soutenu les investissements proposés sur les sites de Chamblon (29 millions), Frauenfeld (86) et Dübendorf (68). Un investissement total de 489 millions de francs est prévu. Cette enveloppe permettra de poursuivre la réalisation du concept de stationnement de l’armée et, à terme, conduire à une réduction du parc immobilier de l’armée.

En outre, le système de DCA mobile Rapier, acquis il y a plus de 30 ans, sera mis hors service. Son élimination coûtera 13 millions financés par le budget ordinaire de l'armée. En contrepartie, 5,5 millions pourront être économisés dans les coûts de fonctionnement annuels.

/ATS
 

Actualités suivantes