Le marché de l'électricité n'a pas besoin d'un nouveau modèle

La sécurité de l'approvisionnement en électricité en Suisse est garantie par le concept actuel ...
Le marché de l'électricité n'a pas besoin d'un nouveau modèle

Le marché de l'électricité n'a pas besoin d'un nouveau modèle

Photo: KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

La sécurité de l'approvisionnement en électricité en Suisse est garantie par le concept actuel. Une étude mandatée par la Confédération montre toutefois qu'il existe un potentiel d'amélioration.

Les discussions politiques pour une nouvelle conception du marché de l'énergie sont en cours. Elles concernent notamment la sécurité de l'approvisionnement par les énergies renouvelables et des mesures de soutien pour les centrales hydrauliques.

L'étude publiée vendredi par l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) a analysé les conditions-cadres et les mécanismes de marché pertinents pour assurer l'approvisionnement toute l'année. En Suisse, où les aménagements hydroélectriques sont dominants, le problème de pénurie se pose surtout à la fin de l'hiver et au printemps, lorsque les barrages sont vides.

Modèle actuel adapté

Dans l'étude, les auteurs ont analysé la conception actuelle du marché de l'électricité et une série de modèles complémentaires proposés notamment par la branche. Le système actuel permet de garantir la sécurité de l'approvisionnement, concluent-ils.

Les fournisseurs doivent s'assurer d'être en mesure d'approvisionner leurs clients même lorsque la quantité d'électricité disponible sur le marché est faible et que les prix augmentent. Ils doivent notamment conserver assez d'eau dans les réservoirs des centrales à accumulation à la fin de l'hiver pour produire l'énergie nécessaire en période critique.

Lorsque les acteurs du marché ne respectent pas les conditions, ils doivent s'acquitter d'une facture d'énergie d'ajustement, soit les coûts associés aux différences de charge par rapport aux prévisions. Des améliorations pourraient être apportées par une meilleure mise à disposition des informations et par un renforcement des signaux des prix pendant les situations critiques.

En cas d'événement inattendu, comme l'arrêt subit d'une centrale électrique, les acteurs du marché doivent toutefois pouvoir faire du négoce d'électricité plus facilement, notent les auteurs de l'étude. Ils pourront ainsi acquérir l'électricité manquante directement sur le marché, même lorsque les délais sont très courts.

Ouverture du marché

Selon les auteurs, une libéralisation du marché pourrait augmenter la sécurité de l'approvisionnement. Cela permettrait aux nouveaux acteurs de proposer des produits innovants et avantageux aux petits consommateurs, comme les compteurs intelligents.

Les auteurs proposent également la constitution d'une réserve stratégique. Un organe central serait chargé de garantir une réserve pour les situations de crise. Cette production d'électricité serait exclusivement utilisée dans le pays en cas de pénurie physique.

Modèles inadaptés

Les mécanismes de capacité globaux ne sont en revanche pas nécessaires, selon l'étude. Ils présentent des risques pour le bon fonctionnement du marché et sont coûteux.

Le modèle 'contract for difference' ainsi que celui d'approvisionnement et de marché climatique sont également inadaptés (MAMC), relève l'étude. Ils ne permettent pas de contrôler les quantités d'électricité globalement produites dans le pays. De plus, ils n'offrent aucune garantie de capacité supplémentaire en Suisse en cas de pénurie.

Le 'contract for difference' soutient financièrement les centrales hydroélectriques. Les exploitants reçoivent la différence entre les coûts totaux de production et les prix du marché, si ceux-ci sont inférieurs, ou payent la différence dans le cas contraire.

Le MAMC vise à soutenir la production d'électricité sans émission de CO2. Mais, en mélangeant les objectifs climatiques et de sécurité, ce modèle engendre des coûts supplémentaires. Certaines technologies qui pourraient assurer l'approvisionnement à moindre coût pourraient être exclues d'un soutien financier, car elles ne respectent pas le critère de l'absence d'émission, exemplifient les auteurs.

/ATS
 

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