Les CFF veulent garder le monopole sur le trafic grandes lignes

Les CFF veulent garder le trafic grandes lignes entre leurs mains. L'ex-régie fédérale demande ...
Les CFF veulent garder le monopole sur le trafic grandes lignes

Les CFF veulent garder le monopole sur le trafic grandes lignes

Photo: Keystone

Les CFF veulent garder le trafic grandes lignes entre leurs mains. L'ex-régie fédérale demande le renouvellement de la concession pour ce trafic dans tout le pays pour 15 ans. Elle est néanmoins prête à négocier avec le BLS au sujet d'une concession nationale.

Les CFF soumettent à l'Office fédéral des transports une demande de renouvellement de la concession pour le trafic grandes lignes, couvrant l'ensemble du territoire, pour une durée de 15 ans, a indiqué vendredi l'entreprise ferroviaire devant les médias à Berne.

Actuellement, les CFF exploitent seuls les lignes longue distance (Intercity, correspondances Eurocity, Interregio et Regioexpress). La majorité de ces concessions expirent en décembre 2017 et doivent être réattribuées par l'OFT.

En vue de cette échéance, les entreprises ferroviaires concernées ont été invitées en février à discuter de la nouvelle répartition des grandes lignes ferroviaires. Mais la table ronde est restée sans résultat, font savoir les CFF vendredi. Le dialogue a toutefois été poursuivi séparément avec la Südostbahn (SOB) et le BLS. Un accord de partenariat a été trouvé avec la SOB en juillet.

Pas d'entente

Rien de tel n'a pu être conclu avec le BLS. En avril, la compagnie régionale a annoncé se porter candidate à trois lignes longue distance: Brigue-Berne-Aarau-Zurich-Romanshorn (TG), Interlaken (BE)-Berne-Aarau-Zurich-St-Gall et Interlaken-Berne -Olten (SO)-Bâle.

En août, les CFF ont soumis une offre à BLS pour les lignes longue distance entre Berne, Olten, Bienne et La Chaux-de-Fonds. Dans le trafic régional, les CFF étaient prêts à céder les lignes Bienne-La Chaux-de-Fonds-Moutier (BE)-Soleure et Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds. Le BLS n'a toutefois pas donné suite à l'offre de partenariat, précise l'ex-régie fédérale devant la presse.

Les CFF 'restent toutefois disposés à étudier toutes les possibilités de coopération'. Mais à certaines conditions seulement: cela doit s'inscrire dans le cadre d'une concession portant sur l'ensemble du territoire, les avantages pour les clients doivent être manifestes et les coûts globaux du système freinés.

Coûts et fausse concurrence

En cas de morcellement de la concession, les coûts globaux du système augmenteraient de 15 à 20 millions de francs par an en raison des synergies non exploitées, estiment les CFF. Le changement de système à lui seul induirait par ailleurs des coûts de l'ordre de 20 à 40 millions de francs. Et plusieurs centaines de collaborateurs seraient obligés de changer d'employeur.

Selon les CFF, cela entraînerait une situation de fausse concurrence. Le morcellement de la concession entre plusieurs entreprises ferroviaires au sein d'un même système ouvrirait 'les portes du trafic grandes lignes national à la concurrence étrangère'.

Offre réduite

En fonction de l'attribution des lignes, qui doit se faire d'ici début décembre, l'ex-régie fédérale envisage de devoir réduire son offre. 'Les CFF se réservent le droit d'adapter, voire de retirer les requêtes formulées pour certaines lignes', avertissent-ils.

'Si l'équilibre nécessaire entre liaisons rentables et non rentables n'était pas assuré', l'entreprise pourrait devoir renoncer d'affecter les lignes Saint-Gall-Coire (Rheintal Express) et Berne-La Chaux-de-Fonds au trafic grandes lignes. Par ailleurs, la cadence semi-horaire sur la ligne Bâle-Bienne pourrait ne pas pouvoir être introduite dès 2022 comme prévu.

/ATS