Lourdement endetté, Leclanché attend une nouvelle perte pour 2017

Leclanché s'enfonce dans la crise. Alors que le réviseur des comptes du spécialiste vaudois ...
Lourdement endetté, Leclanché attend une nouvelle perte pour 2017

Leclanché s'enfonce dans la crise. Alors que le réviseur des comptes du spécialiste vaudois des solutions de stockage d'énergie craint un surendettement, la société s'attend à creuser sa perte nette à 40 millions de francs au titre de l'exercice 2017.

Dans un communiqué diffusé mercredi, Leclanché précise que le réviseur, PricewaterhouseCoopers (PwC) renonce pour l'heure à rendre son rapport sur les comptes 2017. Le cabinet de conseils et d'audit comptable a fixé à ce jour à la société établie à Yverdon-les-Bains le délai pour qu'elle règle son problème de surendettement 'potentiel'.

Afin de régler son problème de fonds propres négatifs, Leclanché, en manque chronique de liquidités en dépit des levées de fonds intervenues depuis 2016, souhaite que son actionnaire de référence, Christian Denizon, puisse procéder à la conversion de notes convertibles avec effet rétroactif au mois de janvier 2018. Ces créances se montent au total 16,5 millions de francs.

Or une telle opération porterait l'ensemble des participations de M. Denizon à près de 55%, un seuil nettement supérieur à la limite de 49% à partir de laquelle un investisseur à l'obligation de présenter une offre d'achat à tous les autres actionnaires. Le conseil d'administration de Leclanché a approuvé la demande de dérogation présentée par M. Denizon.

Feu vert de la COPA

Directeur du gestionnaire luxembourgeois de fonds Finexis, M. Denizon détient 45,35% des actions de Leclanché et représente le seul actionnaire à se déclarer prêt à soutenir l'entreprise. La Commission des offres publique d'achat (OPA) a annoncé mercredi lui avoir accordé une dérogation à l'obligation de présenter une OPA.

En lien avec cette annonce, Leclanché a indiqué s'attendre à une perte nette de 40 millions de francs au titre de 2017, selon des chiffres non audités. En 2016, le groupe du Nord vaudois avait essuyé un débours de 37,2 millions, après avoir bouclé dans le rouge les exercices 2015, 2014 et 2013 à hauteur de respectivement 35,6 millions, 25,7 millions et 13,6 millions.

Pour le seul 3e trimestre 2017, la perte nette devrait s'établir à 28 millions de francs, note Leclanché. Au premier semestre 2017, l'entreprise du Nord vaudois a réduit son déficit net à 11,9 millions, contre 17,3 millions à fin juin 2016.

Le chiffre d'affaires semestriel a pour sa part augmenté de 84% sur un an, à 10,6 millions de francs. Sur ce montant, 2,17 millions proviennent du règlement des conséquences de l'incendie qui a frappé une usine de l'entreprise à Willstätt (Allemagne) en avril 2016. Les ventes des produits et services ont augmenté de 1,2%, à près de 5,8 millions.

Action chahutée

Sans surprise, les informations de Leclanché ont entraîné un mouvement de panique à la Bourse suisse. Vers 10h50, le titre du groupe vaudois dévissait de 10,20% à 2,20 francs, après avoir atteint un plancher de 2 francs auparavant. Dans le même temps, l'indice élargi Swiss Performance Index (SPI) abandonnait 0,53% à quelque 10'301 points.

/ATS
 

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