Lucerne veut lutter contre les professionnels de AirBnb

Pour protéger le parc immobilier, l'exécutif de la ville de Lucerne veut mieux réguler les ...
Lucerne veut lutter contre les professionnels de AirBnb

Lucerne veut lutter contre les professionnels de AirBnb

Photo: KEYSTONE/URS FLUEELER

Pour protéger le parc immobilier, l'exécutif de la ville de Lucerne veut mieux réguler les plates-formes de location 'communautaires' comme AirBnb ou HomeAway. Il veut limiter les logements utilisés uniquement dans un but commercial ou touristique.

La municipalité examine s'il est possible d'adapter le règlement sur les constructions et plans de zones en ce sens, a-t-elle écrit mardi dans un rapport rédigé en réaction à une intervention du PS au parlement. La transformation permanente d'une habitation principale en résidence secondaire vouée à la location touristique ne devrait plus être possible sans restrictions.

Pour l'exécutif, les plates-formes comme AirBnb se sont éloignées de leur idée initiale, à savoir permettre à des particuliers de louer leur appartement pendant leur absence. Sur les 599 offres existantes sur AirBnb et HomeAway pour Lucerne, 292 sont louées par des professionnels, selon les autorités.

Revenir à 'l'économie de partage'

Ce chiffre est à mettre en rapport avec le nombre de logements que compte la ville: 46'000 en 2017. L'objectif n'est pas d'empêcher aux privés de mettre leur appartement à disposition dans ce que l'on appelle 'l'économie de partage', mais bien que des habitations soient entièrement consacrées à cette fin - et donc inhabitées.

A Lucerne, toute personne qui héberge des voyageurs contre de l'argent est censée payer une taxe de séjour de 2,80 francs par personne et par nuit et déclarer ces revenus. Il faut aussi remplir une déclaration à tenir à disposition de la police durant cinq ans.

AirBnb et les autres sites du même type suscitent une résistance croissante de villes et de l'hôtellerie. Les premières veulent éviter une flambée des loyers et la raréfaction de l'offre de logements, tandis que les hôteliers y voient une concurrence déloyale.

Accords avec certains cantons

En Suisse alémanique, AirBnb a déjà conclu des accords avec plusieurs cantons concernant un prélèvement et une redistribution automatiques des taxes de séjour, dont Bâle-Campagne, Zoug et Zurich. L'an dernier, la société californienne a permis à quelque 900'000 personnes de réserver un logement sur territoire helvétique.

La volonté de mettre de l'ordre à Lucerne intervient alors que la ville cherche actuellement des moyens de réduire l'impact du tourisme sur les habitants. La municipalité s'est dite récemment ouverte à l'introduction d'une taxe pour les cars de touristes s'arrêtant dans le centre. Chaque année, 9,4 millions de personnes visitent Lucerne, soit plus de 25'000 par jour, selon la HES de Lucerne.

/ATS