Nuisances sonores de l'aéroport de Genève davantage combattues

La Confédération et le canton de Genève ont fixé un cadre pour le développement de l'aéroport ...
Nuisances sonores de l'aéroport de Genève davantage combattues

Nuisances sonores de l'aéroport de Genève davantage combattues

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

La Confédération et le canton de Genève ont fixé un cadre pour le développement de l'aéroport de Genève jusqu'en 2030. Le plan table sur 25 millions de passagers par an à partir de 2030, contre 17 millions environ aujourd'hui.

En dépit de cette hausse des activités, l'ambition sera aussi de diminuer les nuisances sonores générées par le trafic aérien dans le même laps de temps. C'est un des points forts de ce plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA), a indiqué mercredi devant les médias le conseiller d'Etat genevois Antonio Hodgers.

Le magistrat souligne l'effort qui a été entrepris pour trouver un équilibre entre le développement économique et les questions environnementales. 'Nous avons donné à ces éléments le même niveau d'importance politique'. Depuis les années cinquante, la courbe de bruit n'a cessé d'augmenter, mais le phénomène 'touche à sa fin'.

La réduction du bruit se fera grâce notamment au renouvellement des flottes d'avions par les compagnies aériennes. Les appareils de dernière génération sont beaucoup plus silencieux. Une augmentation des taxes pour les avions les plus bruyants doit par ailleurs pousser à un changement de comportement des transporteurs.

Mieux planifier les vols tardifs

Il s'agira aussi de mieux gérer les vols devant partir avant dix heures du soir et s'assurer qu'ils respectent l'horaire et ne décollent pas après 22h00, a expliqué Marcel Zuckschwerdt, le directeur suppléant de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC). Seuls des avions plus silencieux seront autorisés après 22h00.

Le PSIA ne prévoit pas de changement des heures d'ouverture de l'aéroport, ni des trajectoires de vol. Il était hors de question d'ouvrir plus tôt que six heures du matin, comme le permet pourtant la loi fédérale, a souligné le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet. Le gouvernement cantonal s'est battu sur ce point.

Concernant le développement économique de l'aéroport, le PSIA s'attend à une fréquentation devant atteindre 25 millions de passagers par an d'ici à 2030 et 236'000 mouvements d'avions annuels. Ces chiffres émanent d'une étude sur l'évolution de la demande, a précisé M. Zuckschwerdt.

Pour arriver à gérer ce nombre considérable de passagers, l'aéroport genevois va devoir adapter ses infrastructures. Un nouveau terminal destiné aux long-courriers va voir le jour en 2022. La capacité de l'unique piste de l'aéroport devra aussi être augmentée, tout comme le nombre de places de stationnement.

Importance nationale

Dans les années qui viennent, l'aéroport va investir quelque 880 millions de francs, a rappelé M. Maudet. Pour la Confédération, la plate-forme aérienne genevoise est considérée comme une infrastructure d'importance nationale, comme le sont aussi les aéroports de Zurich et de Bâle-Mulhouse.

La fiche PSIA de l'aéroport de Genève est mise en consultation jusqu'en janvier auprès de la population et jusqu'en mars auprès des collectivités publiques. L'administration fédérale examinera ensuite les remarques qui auront été formulées et adoptera ensuite le plan amendé. La fiche PSIA est contraignante.

Le même exercice a déjà été effectué pour l'aéroport de Zurich et pour celui de Bâle-Mulhouse. La fiche PSIA permet d'avoir une sécurité juridique. Dans ce domaine, la Confédération mène le bal. Même si l'aéroport de Genève appartient au canton, on ne peut pas faire ce que l'on veut de l'infrastructure, a relevé M. Maudet.

/ATS
 

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