OMC: ministres sur une île coupée des tensions sociales argentines

Une île de l'est de Buenos Aires se prépare à accueillir dès dimanche les dirigeants des 164 ...
OMC: ministres sur une île coupée des tensions sociales argentines

OMC: ministres sur une île coupée des tensions sociales argentines

Photo: KEYSTONE/AP/NATACHA PISARENKO

Une île de l'est de Buenos Aires se prépare à accueillir dès dimanche les dirigeants des 164 membres de l'OMC, dont Johann Schneider-Ammann. Samedi, les derniers ajustements ont été lancés pour couper la réunion des tensions sociales actuelles en Argentine.

Le président Mauricio Macri doit ouvrir officiellement dimanche à 16h00 (20h00 en Suisse) la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la première en Amérique du Sud. A ses côtés se trouveront notamment ses trois homologues des Etats du marché commun Mercosur, les chefs d'Etat brésilien, uruguayen et paraguayen, alors que le Venezuela est suspendu de cette zone d'intégration en raison de sa crise politique.

De nombreux ministres feront le déplacement, dont le conseiller fédéral attendu dimanche tôt dans la capitale argentine. Ils doivent négocier de lundi à mercredi au moins.

Dès dimanche, l'accès à Puerto Madero, île branchée à l'est de la ville de plus de 16 millions d'habitants, sera autorisé seulement aux délégués et aux habitants qui ont dû s'enregistrer. Une situation 'pas bonne' pour les commerçants qui ne s'attendent pas à ce que les participants compensent le flux habituel de clients, a dit à l'ats l'un d'entre eux.

La présence sécuritaire s'est progressivement renforcée pour rendre hermétique cette zone. La réunion a lieu dans un contexte de tensions important en Argentine, une semaine après le lancement de sa présidence du G20.

ONG refoulées

Pas un jour ne se succède sans une manifestation contre la politique libérale de M. Macri dont le parti vient pourtant de remporter les élections législatives. Mercredi, plusieurs organisations dont le syndicat de la fonction publique ATE se sont mobilisés contre son projet de flexibilisation du travail.

Puis vendredi, jour férié, la 'Marche de la résistance' du 8 décembre a encore concentré ses revendications contre le chef de l'Etat. Et surtout contre le mandat d'arrêt établi à l'encontre de sa prédécesseure Cristina Kirchner.

'Macri dehors' ou 'le manque de travail est un crime pour lequel le gouvernement doit payer', lançaient des banderoles. Dans la foule de plusieurs centaines de personnes au moins figuraient de nombreux militants du parti péroniste de l'ex-présidente qui appelaient la justice à ne pas la poursuivre pour 'trahison'.

La ministérielle de l'OMC vient renforcer encore cette opposition à la politique du président. Des affiches demandaient de continuer la lutte pour 'ne pas discuter du capitalisme' mais 'le détruire'.

Les abords du palais présidentiel ont été bouclés depuis plusieurs jours. Symbole de la méfiance à l'égard de la société civile, une soixantaine de membres de 18 ONG internationales se sont vus refuser l'accès à la ministérielle, un record. Officiellement, selon la présidente de la ministérielle, l'ex-cheffe de la diplomatie argentine Susana Malcorra, ils ont appelé à la violence.

Membres divisés

Deux parmi eux ont malgré tout tenté d'entrer en Argentine mais ont été refoulés, dit une source proche du dossier. Près de 600 membres de plus de 200 ONG sont toutefois accrédités. Mais ils ne pourront assister à la cérémonie d'ouverture.

Sur le fond, les membres sont divisés sur les subventions à l'agriculture, thématique sensible pour la Suisse, la réglementation des services ou encore le lancement de négociations sur le commerce électronique auquel Berne est favorable. Aucune avancée majeure n'est attendue à cette ministérielle, la première de l'administration américaine de Donald Trump qui fragilise l'institution en bloquant depuis des mois le renouvellement de sa juridiction d'appel.

Selon des sources concordantes, Mme Malcorra est 'ambitieuse' pour les discussions et prévoit d'aborder lundi successivement chaque thème pendant une heure. Un accord semble possible vers l'élimination de subventions à la pêche illégale.

L'activité sera aussi importante en marge de la réunion. Le Mercosur et l'UE sont proches d'un accord de libre-échange. Alors même que la Suisse négocie avec le marché sud-américain dans le cadre de l'Association européenne de libre-échange (AELE). M. Schneider-Ammann va multiplier les discussions avec ses homologues.

/ATS