Paradise Papers: Vitol somme Public Eye de retirer ses accusations

Vitol somme l'ONG Public Eye de retirer ses accusations dans le cadre des Paradise Papers et ...
Paradise Papers: Vitol somme Public Eye de retirer ses accusations

Paradise Papers: Vitol somme Public Eye de retirer ses accusations

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Vitol somme l'ONG Public Eye de retirer ses accusations dans le cadre des Paradise Papers et se réserve le droit d'engager une action en justice. Le groupe de négoce pétrolier, dont le siège est à Genève, lui reproche des déclarations 'inexactes et diffamatoires'.

Ces déclarations violent les droits de Vitol selon la loi suisse, indique vendredi le groupe pétrolier dans un communiqué. Des avocats agissant pour le compte de la société ont écrit à Public Eye pour lui demander de retirer ces accusations.

'Vitol soutient pleinement le rôle des ONG dans la vie publique. Malheureusement, les allégations non fondées de Public Eye ne sont pas à la hauteur des hauts standards que respectent la plupart des organisations', écrit le directeur général du groupe Gerard Delsad, cité dans le communiqué.

Soupçons de corruption

Selon une analyse de Public Eye, Vitol aurait concédé en 2015 un prêt de 25 millions de dollars (environ 24,5 millions de francs) à Seven Energy, une société dans laquelle l'homme d'affaires nigérian Kola Aluko détenait des parts. Ce dernier aurait signé pour Seven Energy le contrat de prêts conclu avec le groupe pétrolier.

Or, la justice présume que les sociétés de M. Aluko servaient de porte-monnaie à l'ancienne ministre nigériane du pétrole Diezani Alison-Madueke, relève Public Eye. En échange de son prêt, le géant genevois aurait obtenu le droit de commercialiser l'essentiel du pétrole de Seven Energy.

'Vitol ne pouvait ignorer les soupçons qui pesaient déjà sur la réussite fulgurante de Kola Aluko, dénoncée, documents à l'appui, par le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria un an auparavant', écrit encore Public Eye dans son rapport.

Le Ministère public genevois a confirmé la semaine dernière enquêter sur des soupçons de corruption liés aux Paradise Papers. 'Des fonds ont été bloqués', avait précisé Henri Della Casa, porte-parole du pouvoir judiciaire. L'ouverture de la procédure pénale à l'encontre de Vitol est toutefois antérieure aux révélations des médias.

Vitol réfute

Vitol affirme de son côté n'avoir jamais conclu de contrat avec Kola Aluko. L'accord commercial avec Seven Energy a quant à lui été scellé en 2015, alors que M. Aluko a cessé de travailler pour cette société en 2012, souligne Vitol.

Au moment de la conclusion de l'accord avec Seven Energy, ses principaux actionnaires étaient de grandes institutions internationales et des investisseurs internationaux respectés, précise encore le géant du négoce. Ce dernier affirme par ailleurs ne faire l'objet d'aucune enquête et d'aucune procédure pénale de la part du Ministère public genevois concernant les faits décrits dans le rapport de Public Eye.

'Aucune preuve'

Les éléments qui ont émergé des Paradise Papers 'ne fournissent aucune preuve de transactions avec des individus douteux ou des partenaires politiquement exposés, dans le but d'obtenir des produits ou des contrats à des conditions très favorables en faveur de Vitol', poursuit le communiqué du groupe.

Vitol estime en outre que ces documents ne fournissent aucune preuve de politiques fiscales agressives, de soupçons de corruption ou de conflits d'intérêts. Le groupe réfute par ailleurs avoir conçu des schémas offshore grâce auxquels des entreprises auraient pu cacher des relations d'affaires associées à de sérieux risques de corruption ou de conflits d'intérêts.

Les Paradise Papers sont une masse de 13,5 millions de documents sur des opérations financières émanant du cabinet d'avocats Appleby et obtenus par la Süddeutsche Zeitung. Le journal allemand a ensuite partagé ces documents avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et d'autres médias qui se sont mis à publier des éléments dimanche.

/ATS
 

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