Perte record aux CFF en année de pandémie

En 2020, année de pandémie, les CFF sont passés dans le rouge à un niveau record. La demande ...
Perte record aux CFF en année de pandémie

Perte record des CFF en année de pandémie - la demande s'effondre

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

En 2020, année de pandémie, les CFF sont passés dans le rouge à un niveau record. La demande s'est effondrée d'un tiers, ce qui se reflète dans le bilan avec une perte de 617 millions de francs, ont indiqué lundi les CFF.

'Il faut économiser le plus possible', a indiqué Vincent Ducrot, directeur général des CFF lors de la conférence de presse. 'Nous maintenons l'offre et les salaires, mais nous devons faire les efforts nécessaires pour maintenir la tête hors de l'eau', a-t-il souligné.

Depuis le printemps 2020, les Chemins de fer fédéraux (CFF) appliquent des mesures d'économies. Ils ont réduit les investissements et reporté certains projets, mais aucune mesure n’a concerné l’exploitation ferroviaire et la sécurité. L'entreprise a également gelé les embauches dans l'administration.

Plus de 270 millions d'aide aux CFF

L’année écoulée a été 'particulièrement éprouvante' pour les CFF, relève la documentation de l'entreprise. Les liquidités restent garanties par la Confédération, qui a relevé temporairement la limite de crédit à court terme des CFF.

L'aide de la Confédération et des cantons aux transports publics a été fixée à 900 millions de francs afin de soutenir les secteurs de l’infrastructure, du trafic marchandises et du trafic régional. Les CFF ont reçu 277 millions. Dans les secteurs autofinancés du trafic grandes lignes et de l’immobilier, 'les CFF sont tenus de couvrir eux-mêmes le manque à gagner', note le communiqué.

Un tiers de voyageurs en moins

L'année 2019 avait permis de dégager un bénéfice de 463 millions de francs. En 2020, la perte de 617 millions de francs est la plus importante depuis la transformation des CFF en société anonyme de droit public.

La raison en est claire: la pandémie de Covid-19 et sa gestion ont posé un défi majeur à l'entreprise, qui a tout de même transporté une moyenne de 843'000 passagers par jour, soit plus d'un tiers de moins que l'année précédente.

Le nombre de voyageurs-kilomètres a diminué de 40,6% au total, le trafic longue distance a baissé de 43,7% et le trafic régional de 32,4%. La baisse du trafic international de passagers a été encore plus radicale (51,2%), en raison des restrictions de voyage et des réductions de services.

Situation économique tendue

Le flux de visiteurs s'est également tari dans les gares, en raison de la diminution du nombre de voyageurs et de la fermeture de magasins. Les CFF ont remboursé 100 millions de francs aux détenteurs d'abonnements. Les loyers de 1200 magasins dans les gares ont été adaptés.

Pour les CFF, la situation économique est très tendue. Les produits financiers du trafic voyageurs ont diminué de 28,9% par rapport à l'année précédente, les ventes des partenaires des CFF dans les gares de 26,8% et les produits des sillons de 12,4%. Le trafic marchandises a lui diminué de 2,4%.

Malgré cette perte record, les CFF entendent maintenir les prix stables.

L'immobilier, source de revenus

Le recul du trafic voyageurs a entraîné une perte de 661 millions de francs, tandis que CFF Cargo Suisse a enregistré une perte de 34,7 millions de francs et Cargo International un bénéfice de 4,6 millions de francs, a indiqué Christoph Hammer, chef des finances des CFF.

Les CFF ont généré 244 millions de francs grâce à leurs biens immobiliers, qui constituent une importante source de revenus et soutiennent la caisse de pension, a indiqué M. Hammer.

Des projets réalisés

Quelques projets réjouissants ont tout de même été concrétisés en 2020, rappelle Vincent Ducrot. La mise en service du tunnel de base du Ceneri a marqué l’achèvement de la Nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA).

'Une étape historique pour la Suisse et pour l’Europe', relève l'entreprise. Deux autres tunnels ont été mis en service: celui du Bözberg et celui de l'Eppenberg.

Défis futurs

D'autres défis doivent être relevés par les CFF. En 2020, le manque de personnel qualifié s’est aggravé à cause du coronavirus. Des trains ont dû être supprimés faute de mécaniciens. La situation devrait se détendre à partir du milieu de 2021, souligne les CFF.

En 2019 et 2020, la demande en trafic international de nuit a sensiblement augmenté avant la pandémie. Les CFF et leurs partenaires entendent étoffer leur offre. Des trains de nuit supplémentaires sont prévus de la Suisse vers Amsterdam, Rome, Leipzig, Dresde et Barcelone.

Ayant constaté l'engouement pour le vélo durant l'été 2020, les CFF veulent leur faire plus de place dans les wagons. Ils créeront des places supplémentaires sur les principales lignes, notamment en direction du Valais et des Grisons. L'objectif est fixé dès 2021, 'mais dépendra toutefois des livraisons de matériel roulant', selon les CFF.

Satisfaction des clients et du personnel

Par rapport à 2019, la sécurité, la ponctualité, la satisfaction de la clientèle et l’image se sont améliorées en 2020. Tout comme la motivation et la satisfaction du personnel, relève le Syndicat du personnel des transports (SEV), pour qui les CFF sont sur 'le bon chemin'.

Dans le contexte incertain de la pandémie actuelle, le SEV estime que la prolongation de la convention collective de travail jusqu'au 1er mai 2025 aux CFF et jusqu'à fin 2023 chez CFF Cargo est un signal rassurant pour les employés des CFF.

Pour l'association du personnel Transfair, la perte record de l'entreprise de plus de 600 millions de francs ne doit pas être amortie par de nouvelles mesures d'économie pour le personnel. La Confédération, en tant que propriétaire, doit soutenir généreusement le bon développement opérationnel et le personnel des CFF, demande l'organisation dans un communiqué.

/ATS