Trump, un cadeau empoisonné pour les caricaturistes

Dessinateurs de presse, acteurs, imitateurs, humoristes: ils sont des dizaines à croquer avec ...
Trump, un cadeau empoisonné pour les caricaturistes

Trump, un cadeau empoisonné pour les caricaturistes

Photo: Keystone

Dessinateurs de presse, acteurs, imitateurs, humoristes: ils sont des dizaines à croquer avec appétit Donald Trump. Mais beaucoup cherchent encore la bonne distance face à un futur président américain très clivant.

Le teint orangé, les jugements lapidaires, les adjectifs emphatiques, la gestuelle et la coiffure improbable: tout ou presque chez Donald Trump prête à la caricature.

Aux Etats-Unis, les très populaires animateurs de télévision Jimmy Fallon et Jon Stewart, les acteurs Bryan Cranston, Johnny Depp et Dana Carvey s'y sont tous essayés ces derniers mois. Avant qu'Alec Baldwin ne rafle la mise dans l'émission satirique 'Saturday Night Live', avec force pincements de lèvres et plissements de paupières.

L'agenda de John Di Domenico, qui imite Donald Trump depuis plus de douze ans, est désormais entièrement dévolu à son meilleur client.

Equilibre à trouver

Il s'avère toutefois complexe de trouver le ton juste face à un personnage qui divise tant les Américains. A trop jouer sur l'apparence et la forme, il est ridiculisé, ce dont il s'offusque, mais il en devient aussi, souvent, un personnage sympathique.

L'imitateur de profession se pose désormais la question de représenter un Donald Trump président. 'Je dois trouver un moyen d'aborder les sujets plus sensibles', estime John Di Domenico.

Alors que les médias américains se sont lancés dans une grande introspection depuis l'élection de novembre, les dessinateurs de presse, des deux côtés de l'Atlantique, cherchent eux aussi un équilibre pour représenter ce personnage 'bigger than life', 'macho' patenté, juré de téléréalité et bientôt président des Etats-Unis.

'Trop facile'

'C'est presque trop facile', pointe le caricaturiste français Plantu, dont les dessins paraissent chaque jour en Une du quotidien Le Monde. Et d'avertir: 'Ce qui est bon pour les caricaturistes n'est jamais bon pour la démocratie'.

'Il est temps d'être plus précis et de le critiquer plus directement, pas seulement de se moquer de son teint orange et de sa personnalité', glisse de son côté Marc Rosenthal, qui collabore au magazine New Yorker. Il a illustré durant la campagne un livre satirique pour enfants ('A Child's First Book of Trump' - Mon premier livre sur Trump).

L'illustrateur, qui n'est pas caricaturiste de métier, dessine Trump sous la forme d'une pomme de terre à la peau orange vif. Il ne voulait pas approcher de trop près le personnage sur le plan physique. Une démarche qu'il entend conserver pour illustrer un second livre, à paraître en 2017.

A chacun son Trump

Kevin Kallaugher, qui a représenté le magnat de l'immobilier en animal menaçant dans The Economist et le quotidien Baltimore Sun, juge aujourd'hui ces dessins trop 'simplistes'.

'On ne convainc pas en représentant une personne de manière horrible. On persuade par l'humour', insiste-t-il. Il dit vouloir notamment s'adresser à cette frange d'électeurs 'qui ont voté pour quelqu'un qu'ils n'aimaient pas'.

'Le dessin va s'affiner en fonction de son travail de président', estime pour sa part Kroll, du quotidien belge Le Soir.

'Au début, il suffisait de dessiner un Noir pour représenter Barack Obama et puis, après, il est devenu cet homme élégant avec de grandes oreilles. Lors de sa réélection, on a commencé à le dessiner moins noir'. 'Pour l'instant, tout le monde dessine Trump un peu pareil, mais bientôt chacun aura le sien'.

/ATS


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