Un bateau géant pour éliminer le plastique des océans

Le navigateur suisse Yvan Bourgnon veut éliminer le plastique des océans au moyen d'un quadrimaran ...
Un bateau géant pour éliminer le plastique des océans

Un bateau géant pour éliminer le plastique des océans

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Le navigateur suisse Yvan Bourgnon veut éliminer le plastique des océans au moyen d'un quadrimaran géant. Baptisé 'The Sea Cleaners', son projet est présenté jusqu'à dimanche au 46e Salon international des inventions de Genève.

La version finale du navire, fruit de plus de 3000 heures d'études menées par six bureaux, est présentée sous la forme d'une maquette au 1/80e. 'Le bateau devait répondre à une double injonction: ramasser des déchets en plastique en mer de manière significative et être écologique', a expliqué mercredi devant les médias Yvan Bourgnon.

Mesurant 70 mètres de long, 49 de large et 61 de hauteur, le quadrimaran 'Manta' pèsera 2500 tonnes. Il se déplacera grâce à plusieurs sources d'énergie renouvelable: le vent, mais aussi l'énergie électrique produite par les panneaux solaires et les éoliennes verticales.

Pollution marine

Le navire transportera une usine de tri et de compactage des déchets acheminés à bord au moyen de tapis roulants placés entre les quatre coques. Plus de 250 tonnes de plastique pourront être stockées, avant d'être rapatriées sur terre où elles seront recyclées dans des centres adaptés. 'Environ 3000 tonnes de plastique devraient être ramassées par année', estime Patrick Fabre, expert en pollution.

Huit à neuf millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans chaque année par des fleuves et rivières. L'objectif de The Sea Cleaners est de les collecter avant qu'il ne se dégrade en nanoparticules et ne soit assimilé par les organismes vivants. Des zones prioritaires de pollution marine ont été identifiées en Asie, en Afrique et en Amérique du sud.

Sensibilisation et prévention

Lancé en automne 2016, le projet est aujourd'hui à maturité, s'est réjoui Yvan Bourgnon. Les travaux de construction du Manta devraient commencer en 2020 et durer deux ans, après deux années consacrées aux dessins des détails. Selon le navigateur, le navire en acier coûtera 30 millions de francs, pour une durée de vie de 30 ans, tandis que son coût de fonctionnement est estimé à 1 million par an.

Les initiateurs du projet pensent qu'il faudra dix à quinze ans pour prouver l'efficacité du bateau. Le navire servira aussi de base au développement d'actions de sensibilisation, afin de réduire en amont la consommation de plastique et son gaspillage. Et il encouragera la création d'usines de recyclage dans les pays concernés.

Records de participants

Le Salon international des inventions de Genève, qui a ouvert ses portes mercredi en présence du conseiller fédéral Ignazio Cassis, se tient jusqu'à dimanche. Cette 46e édition compte un nombre record de participants: 822 exposants de 40 pays. Un millier d'inventions sont présentées, selon les organisateurs.

/ATS