Une politique agricole pour répondre aux consommateurs

Changement climatique, progrès technologiques, nouvelles attentes de la population: l'agriculture ...
Une politique agricole pour répondre aux consommateurs

Une politique agricole qui répond aux attentes des consommateurs

Photo: KEYSTONE/PETER KLAUNZER

Changement climatique, progrès technologiques, nouvelles attentes de la population: l'agriculture a besoin d'un nouveau cadre pour 2022 à 2025. Le conseiller fédéral Guy Parmelin a présenté jeudi un projet à 13,774 milliards de francs.

La réforme devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2022. Elle jongle avec les attentes de la société et celles des exploitants dont les intérêts ne sont pas toujours identiques.

Les premiers attendent des produits régionaux, de qualité, diversifiés et à des prix bas. Ils ont aussi un oeil sur l'impact environnemental et sur les pesticides. Plusieurs initiatives ont été lancées en ce sens.

Les agriculteurs souhaitent pour leur part avoir affaire à des consommateurs cohérents, qui ne font pas de tourisme d'achat. Ils veulent offrir des produits sains et obtenir un paiement juste. Ils demandent que leur travail soit plus valorisé et aimeraient moins de charge administrative.

Empreinte écologique

L'élément central de la politique agricole dès 2022 (PA22+) vise une réduction de l'empreinte écologique de l'agriculture. Le projet répond ainsi à la demande des consommateurs.

L'utilisation des engrais et des pesticides sera réduite et la production de gaz à effet de serre diminuera. La réforme prévoit des mesures concrètes et crédibles comme alternatives à l'initiative pour une eau potable propre.

Il s'agit de réduire les apports de produits phytosanitaires et d'éléments fertilisants dans les écosystèmes. La quantité maximale d'engrais de ferme pouvant être épandue par hectare sera abaissée de 3 à 2,5%, a précisé le ministre. Afin d'atteindre les objectifs écologiques, le choix des produits autorisés sera restreint, les exigences pour réduire les émissions dans les cours d'eau et les biotopes seront renforcées.

Moins d'azote et de phosphore

Guy Parmelin exige également des exploitants qu'ils diminuent les pertes d'azote et de phosphore. La nouvelle politique prévoit un abaissement de 10% d'ici 2025 et de 20% d'ici 2030.

Le Parlement pourra parallèlement examiner l'initiative de la commission de l'économie du Conseil des Etats qui vise à réduire les risques liés à l'utilisation de produits phytosanitaires de 50% d'ici 2027. Ce but est soutenu par le gouvernement.

Si les dispositifs mis en place ne permettent pas d'atteindre les objectifs visés, la Confédération prendra des mesures supplémentaires en 2025. Des mesures propres aux régions pourront être mises en place de manière ciblée.

Biodiversité

L'obtention de paiements directs sera liée à un niveau écologique plus important. Les surfaces de promotion de la biodiversité seront étendues à 3,5% des terres assolées. Leur mise en place fait partie des prestations écologiques requises.

Les pratiques particulières en faveur de la biodiversité et encore plus respectueuses de l'environnement seront encouragées grâce aux paiements directs. Avant de traverser un champ avec des machines lourdes, les agriculteurs devront prouver que leur action ne contribue pas au compactage du sol.

L'alimentation biphase des porcs sera exigée dans le cadre des prestations écologiques requises. Celles-ci sont obligatoires pour l'obtention de paiements directs.

Innovation

Les agriculteurs qui investissent dans des technologies innovantes pour réduire leur impact écologique pourront bénéficier d'aides financières. Et M. Parmelin de citer l'acquisition de tracteurs électriques ou de machines agricoles pilotées par GPS. Les investissements dans la santé et le bien-être de leurs animaux seront aussi récompensés.

Les programmes de sortie en plein air ou la stabulation respectueuse seront renforcés. La sélection animale sur la base de la santé et du bien-être des bêtes sera encouragée ainsi que le développement de réseaux de compétence et d'innovation. La manne fédérale sera aussi attribuée aux exploitants qui acquièrent des immeubles agricoles.

Tous ces éléments permettront aux exploitants de mieux se placer sur le marché. Ils pourront se démarquer de la concurrence au moyen de critères de qualité. Grâce à des labels, les agriculteurs pourront vendre une prestation écologique. Les clients sont prêts à payer plus cher pour ces produits, ce qui améliore aussi le salaire des paysans.

Afin de prétendre aux paiements directs, les futurs agriculteurs devront obligatoirement obtenir un certificat fédéral de capacité et suivre trois modules d'économie d'entreprise.

/ATS
 

Actualités suivantes