Vaccin contre Ebola: un « progrès majeur » récompensé

Le vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola, exploité par le laboratoire MSD, se voit décerner ...
Vaccin contre Ebola: un « progrès majeur » récompensé

Vaccin contre Ebola: un

Photo: KEYSTONE/EPA/HUGH KINSELLA CUNNINGHAM

Le vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola, exploité par le laboratoire MSD, se voit décerner la 'Pilule d'Or 2020' de la revue médicale indépendante française Prescrire. Il représente un progrès médical 'décisif'.

Deux médicaments qui apportent un 'progrès net' pour certains patients par rapport aux moyens thérapeutiques déjà disponibles sont inscrits en outre au tableau d'honneur du Palmarès 2020 de la revue, publié vendredi.

Il s'agit d'un traitement par voie orale contre la maladie du sommeil qui touche de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, le Fexinidazole Winthrop de Sanofi. L'autre, le Vyndaquel (molécule: tafamidis) de Pfizer, est un traitement d'une forme de cardiopathie liée à une maladie rare, l'amylose à transthyréine, dont il réduit la mortalité.

Vaccin vivant

Le vaccin Ebola, commercialisé sous le nom d'Ervebo par le laboratoire MSD (Merck aux Etats-Unis et au Canada), est un vaccin vivant préparé à partir du virus de la stomatite vésiculaire (VSV) atténué et modifié pour contenir une protéine issue du virus Ebola Zaïre (Zebov).

MSD avait utilisé une préparation similaire - à partir du virus VSV - pour un projet de vaccin contre le Covid-19. Mais ce dernier a échoué et a été abandonné.

Ebola est une maladie infectieuse souvent mortelle. En situation d'épidémie, la vaccination protège au moins les deux tiers des personnes de l'entourage des patients infectés. L'effet protecteur se manifeste à partir du 10e jour après la vaccination, note la revue.

La conservation de ce vaccin est contraignante, entre -80°C et -60°C, ce qui complique son utilisation dans de nombreux pays, et la durée de protection n'est pas connue, rappelle la revue. En outre, la vaccination ne dispense pas d'observer les mesures d'hygiène et de protection strictes autour d'un patient atteint d'une infection à virus Ebola.

Progrès notables

Prescrire n'avait pas attribué sa 'Pilule d'or' depuis cinq ans, faute d'innovation majeure. En 2020, moins de 10% des nouveaux médicaments apportent un progrès notable pour mieux soigner, résume la revue.

Pour 16% des nouveautés, la balance bénéfices-risques est incertaine, 'ce qui traduit notamment la tendance des agences du médicament à autoriser trop précocement des médicaments, sur la base de données insuffisantes', estime Prescrire.

Elle relève neuf progrès notables sur 109 nouveautés, dont le vaccin contre Ebola. Parmi ces progrès, cinq s'adressent à des maladies rares. Et deux médicaments concernent exclusivement les enfants, le glibenclamide (Amglidia de AMMTeK) pour le diabète néonatal et le cannabidiol (Epidyolex du laboratoire GW Pharmaceuticals) à partir de l'âge de 2 ans, pour certaines formes graves d'épilepsie chez les enfants.

Prescrire salue en outre la remise à disposition en France d'anciens médicaments contre la goutte et l'épilepsie.

/ATS
 

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