Vingt ans après la fusion entre SBS et UBS, une culture domine

Le 8 décembre 1997, un coup de tonnerre ébranlait le monde de la finance avec l'annonce de ...
Vingt ans après la fusion entre SBS et UBS, une culture domine

Vingt ans après la fusion entre SBS et UBS, une culture domine

Photo: KEYSTONE/PATRICK AVIOLAT

Le 8 décembre 1997, un coup de tonnerre ébranlait le monde de la finance avec l'annonce de la fusion entre l'Union de Banques Suisses (UBS) et la Société de Banque Suisse (SBS). Vingt ans plus tard, la culture de la SBS domine chez le numéro un bancaire helvétique.

Dans les années 1990, le secteur financier a vécu une période de consolidation et pas seulement en Suisse, déclare l'historien Tobias Straumann dans un entretien à l'Agence télégraphique suisse (ats). L'élément déterminant pour fusionner: devenir un des leaders mondiaux du secteur bancaire.

Le rapprochement entre les deux établissements n'était pas dénué d'une certaine logique: la SBS était très implantée en tant que banque d'affaires anglo-saxonne, mais avait des réserves de capital relativement minces et pour l'UBS, c'était exactement l'inverse.

Avant l'annonce de la fusion entre les deux banques, les spéculations les plus folles ont couru, allant d'une reprise de l'UBS par le Credit Suisse à celle de la banque américaine Merrill Lynch par l'UBS ou encore d'alliances entre cette dernière et la Deutsche Bank ou la Dresdner Bank.

Avant de fusionner, l'UBS et la SBS se différenciait par leur culture d'entreprise, explique Tobias Straumann. La Société de Banque Suisse, établie à Bâle, était plus 'anglo-saxonne, informelle et moins positionnée sur le principe de l'ancienneté'.

L'Union de Banques Suisses, basée à Zurich, était plus orientée sur 'la stabilité, imprégnée de culture suisse et avec une structure hiérarchique militaire'.

Charges liées à l'ex-UBS

En regroupant les deux établissements, la culture de la SBS s'est imposée, parce que les représentants de la banque bâloise ont occupé les plus hauts étages du nouveau groupe bancaire. De plus, les anciennes charges d'UBS ont pesé sur les résultats de la nouvelle entité.

Avec la débâcle du fonds spéculatif LCTM dans laquelle elle était exposée, UBS a dû provisionner près de 1 milliard de francs, un héritage de l'Union de Banques suisses. A cela se sont ajoutées des pertes dans la crise russe et en Asie. 'Ces problèmes ont fortement affaibli les représentants de l'UBS au sein de la nouvelle unité', observe l'historien.

Actuellement, les deux cultures d'entreprise ne se font plus sentir. UBS est devenu une banque internationale, dont le top management est composé en minorité de Suisses, note Tobias Straumann.

Sauvetage nécessaire

Après l'incident du fonds LCTM, UBS a réussi à se reprendre et à se donner une image de première de la classe. En 2005, elle a ainsi atteint un bénéfice record de 14 milliards de francs. Mais peu après, l'établissement trébuche à nouveau pour une période douloureuse, en enregistrant une perte de 4,4 milliards de francs en 2007, en lien avec la crise des 'subprimes'.

Le 16 octobre 2008, le Conseil fédéral et la Banque nationale suisse (BNS) annoncent devoir prendre une série de mesures pour sauver UBS. Déjà en situation périlleuse du fait du conflit fiscal avec les Etats-Unis, la banque s’est mise en danger de mort en investissant dans les titres immobiliers américains.

La banque reçoit un crédit de 6 milliards de francs de la Confédération. Le point principal du sauvetage d'UBS sera la création d'une société de portage financée par la BNS. L'établissement peut y transférer jusqu'à 60 milliards de dollars d'actifs problématiques.

Mais, comme les avoirs ne sont, pour l’essentiel, pas 'pourris', mais simplement pas du tout liquides, un bénéfice de 3,4 milliards peut être dégagé de cette opération. A la suite de cet épisode, les normes en matière de fonds propres sont durcies en Suisse pour les banques à importance systémique, soit celles qui peuvent faire trébucher l'économie.

Investissements durables

Si les salaires des dirigeants d'UBS sont régulièrement sous le feu de la critique, l'établissement se cherche désormais une image de banque responsable et durable. Le groupe bancaire se targue de faire partie des leaders du marché des investissements durables et de développer fortement ces activités-là.

Dans une tribune parue dans Le Temps, Axel Weber, président du conseil d'administration, et Sergio Ermotti, directeur général, rappellent qu'en 20 ans la banque a versé à la Confédération, aux cantons et aux communes près de 13 milliards de francs au seul titre de l’impôt sur le bénéfice, dont 3,5 milliards après la crise financière de 2007/2008.

Selon eux, UBS est un des principaux employeurs du pays. De quoi oublier que la première année après la fusion, 7000 emplois avaient été sacrifiés sur un total de 55'000.

/ATS