Le musée de Berne se prononce lundi sur la collection Gurlitt

Le Musée des beaux-arts de Berne annoncera lundi à Berlin sa décision d'accepter ou non l'héritage de la controversée collection Gurlitt, estimée à plusieurs millions de francs. Une affaire délicate aux ramifications internationales.

La collection a été constituée par Hildebrand Gurlitt, marchand d'art en vue sous le régime nazi. Son fils Cornelius s'est retrouvé au coeur d'un ardent débat sur les oeuvres d'art volées par les nazis. Il est mort le 6 mai dernier à Munich et a choisi le Musée des beaux-arts de Berne comme légataire universel.

La collection compte environ 1600 peintures, dessins et gravures. Il est probable qu'elle contienne des oeuvres d'art volées et spoliées, vendues très en deçà de leur valeur réelle par leurs propriétaires en détresse durant la Deuxième Guerre mondiale.

En cas d'acceptation de l'héritage, le Musée bernois s'en tiendra aux principes de la déclaration de Washington, avait annoncé son directeur Matthias Frehner. Celle-ci prévoit l'identification et la restitution des oeuvres spoliées à d'éventuels ayants droit.

Avertissement du Congrès juif mondial

En juillet, la direction du musée avait fait savoir qu'elle aurait vraisemblablement besoin d'un délai de six mois pour examiner toutes les questions ouvertes, comme l'importance et le contenu de la collection, ainsi que son traitement. Des questions liées aux coûts et aux impôts sont également sur le tapis. En outre, le testament pourrait être contesté.

La direction s'étant tue depuis, les suppositions vont bon train. Selon certaines, les recherches sur l'origine des oeuvres sensibles devraient être faites en Allemagne, alors que les pièces "sans histoire" devraient être envoyées à Berne. Les oeuvres d'art déclarées spoliées seraient retournées dans les musées.

Le président du Congrès juif mondial a récemment mis en garde le musée de Berne. Ronald Lauder a évoqué "une avalanche de procès" en perspective en cas d'acceptation de l'héritage.

Herbert Winter, président de la communauté israélite suisse, a au contraire déclaré qu'il serait plus sage que Berne accepte la collection.

/ATS


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