Affaire Snowden: le DFAE demande des précisions aux Etats-Unis

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a connaissance de diverses enquêtes menées par des Etats étrangers en Suisse. "Diverses clarifications" sont en cours à ce sujet, a-t-il indiqué mardi à l'ats, revenant sur une information du quotidien "Le Temps".

Le MPC ne peut toutefois ouvrir une procédure que lorsqu'il a un "soupçon initial fondé", a-t-il précisé. Il a en outre besoin d'une autorisation du Conseil fédéral pour pouvoir enquêter sur des activités économiques interdites de la part de services de renseignements étrangers.

De son côté, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avait indiqué lundi soir avoir "demandé dans un courrier diplomatique adressé à l’ambassade des Etats-Unis à Berne des éclaircissements sur cette affaire".

Violation de la Convention de Vienne

Interrogé par plusieurs médias, le conseiller fédéral Didier Burkhalter s'est déclaré "surpris" par ces révélations. Si ces informations sont confirmées, il s'agirait d'une "violation de la Convention de Vienne" sur les relations diplomatiques, a-t-il relevé.

En vertu de cette convention, la Confédération "attend des membres des missions diplomatiques" en poste en Suisse "qu'ils respectent les lois et règlements de l'Etat de résidence", a précisé le DFAE.

Banquier saoulé

Dans une interview au quotidien britannique "The Guardian", Edward Snowden, l'employé d'un sous-traitant de l'Agence de sécurité nationale (NSA) à l'origine des fuites sur le programme américain de surveillance des communications avait avoué avoir travaillé un certain temps à Genève pour le compte de la CIA.

L'ancien agent y raconte notamment l'incident qui a été fondateur de sa prise de conscience. Il explique avoir saoulé un banquier suisse pour le piéger et finalement faciliter son recrutement afin de soutirer des informations bancaires secrètes.Le DFAE a confirmé lundi que M. Snowden a exercé la fonction d’attaché au sein de la Mission permanente des Etats-Unis auprès de l’ONU à Genève de mars 2007 à février 2009.

Intérêt russe

Par ailleurs, le Service de renseignement de la Confédération (SRC) n'a pour le moment aucune base légale pour agir pour la protection de la place financière, a déclaré son porte-parole Felix Endrich.

De son côté, la Russie est prête à examiner une demande d'asile d'Edward Snowden, a indiqué le porte-parole du Kremlin au quotidien "Kommersant".

/SERVICE


Actualisé le

 

Actualités suivantes