Anciens abus d'enfants confirmés dans une école thurgovienne

Jusque dans les années 70, des enfants et des adolescents ont été victimes d'abus à l'école secondaire et au foyer de St. Iddazell du monastère de Fischingen (TG). Un rapport confirme les accusations d'anciens élèves. Des responsables actuels du monastère se sont excusés.

Les élèves de l'établissement de St. Iddazell - un des plus grands centres éducatifs de Suisse à l'époque - ont été corrigés à coups de ceintures et de triques. Ils étaient aussi obligés de rester agenouillés pendant des heures.

En guise de punition, on les enfermait dans le noir, les privait de nourriture ou leur tondait la tête. Il n'y a en outre aucun doute que des abus sexuels ont été commis à leur encontre, selon le rapport. Tant les filles que les garçons ont été abusés par des jardiniers, des professeurs, des prêtres et même un directeur. Les religieuses s'en sont elles aussi prises aux filles.

Suveillance lacunaire

Le centre de conseil pour l'histoire suisse à Zurich (BLG) s'est penché sur les heures sombres du monastère de Fischingen (TG) à la demande de ce dernier. Les historiens se sont basés sur des documents et des entretiens avec d'anciens élèves et éducateurs du foyer et de l'école de St. Iddazell. Le premier a fermé ses portes en 1976, la seconde en 1978.

L'isolement des établissements et un manque de surveillance ont favorisé des abus, précisent les chercheurs dans leur rapport. Les victimes qui résistaient étaient qualifiées de menteuses et punies. A Fischingen, il existait "une certaine tactique de dissimulation", détaille le rapport publié lundi.

Il a fallu attendre 2010 pour que les faits soient rendus publics par d'anciens élèves. Les accusations visaient notamment un prêtre, professeur puis directeur de l'école secondaire de St. Iddazell entre 1957 et 1977. Le prêtre, qui vit encore à Fischingen, rejette les reproches.

Les plaignants ont été déboutés par le Tribunal fédéral pour cause de prescription. Ils ont fait recours à la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg

Aide financière

Des représentants actuels du monastère se sont excusés, lors d'une conférence de presse, pour "les torts causés aux enfants". Ils ont annoncé le versement de 250'000 francs au fonds national d'aide immédiate, destiné aux enfants placés de force ou aux personnes victimes de mesures de coercition. Les jeunes ayant subi des violences dans ces centres thurgoviens y ont également droit.

/ATS


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