Asile: des mineurs non accompagnés veulent défendre leurs droits

Chaque année, plusieurs centaines de mineurs arrivés en Suisse non accompagnés déposent une demande d'asile. Un groupe de plus de 30 d'entre eux en provenance de différents cantons suisses propose désormais une charte pour défendre leurs droits. Ils réclament surtout des améliorations dans le domaine du logement.

Le groupe a rédigé lui-même la charte, a-t-il expliqué lundi devant la presse à Berne, avec le soutien du Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ). Cette organisation leur a fourni un appui linguistique et les conseils juridiques de spécialistes de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) et du Service social international quand cela était nécessaire.

L'an dernier, 339 mineurs non accompagnés ont demandé l'asile en Suisse. Cette année, ils sont déjà plus de 700, décompte arrêté à fin octobre, a indiqué à l'ats l'Office fédéral des migrations (ODM).

"Tous des êtres humains"

"Indépendamment du fait que nous soyons des jeunes Suisses ou étrangers, nous sommes tous des êtres humains", soulignent-ils. Le logement est leur première préoccupation. "Certains requérants mineurs de notre groupe vivent parfois dans des chambres de dix personnes, dont neuf sont des adultes, explique Haben, 16 ans.

Sur tout le centre, il n'y a que trois jeunes, tous les autres sont des adultes. Cela cause des problèmes: les enfants n'ont pas de tranquillité pour faire leurs devoirs, car les adultes boivent souvent de l'alcool et se bagarrent."

Rôle central des curateurs

Pour y remédier, les requérants d'asile mineurs non accompagnés devraient pouvoir vivre avec d'autres jeunes ou être accueillis dans une famille suisse. "Cela nous aiderait à apprendre plus rapidement la langue et à mieux connaître et comprendre la culture", a poursuivi l'un des jeunes.

Les ados requérants pointent aussi du doigt le rôle central des curateurs. Ils demandent que chaque canton soit obligé de leur en attribuer un. "Il est très difficile de vivre sans famille. Un curateur peut beaucoup nous aider à nous sentir mieux". Aujourd'hui, les jeunes ne sont parfois accompagnés que par une personne de confiance durant leur procédure d'asile.

Droit à un avenir

La charte demande également à l'ODM d'accélérer la procédure les concernant, afin qu'ils puissent terminer une formation. A 18 ans, il n'est pas rare qu'ils reçoivent une décision négative de l'ODM concernant leur demande d'asile. Renvoyés de Suisse, ils doivent alors interrompre leur formation. "Tout le monde a le droit de se construire un futur", concluent-ils.

Le groupe de jeunes requérants a transmis lundi sa charte à l'ODM. L'office, qui salue le fait que les jeunes aient pris cette initiative, va l'étudier de près, en collaboration avec les autorités cantonales concernées et les autres acteurs impliqués, a déclaré lundi à l'ats l'ODM. Les jeunes seront invités l'an prochain afin d'échanger avec la Confédération.

/ATS


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