Condamné à 16 ans de prison pour avoir tué une prostituée

La Cour criminelle du tribunal d'arrondissement du Nord vaudois a condamné jeudi un homme de 35 ans à 16 ans d'emprisonnement. En juin 2012, à Payerne (VD), il avait tué une prostituée roumaine de deux balles dans la tête.

Les juges ont qualifié l'acte de "préparé" et "réfléchi". Ils n'ont pas cru à la thèse de l'accident qu'avait soutenue le condamné. Son avocate prévoit de faire appel.

La Cour a souligné à plusieurs reprises la "cruauté" et la "froideur" dont a fait preuve l'assassin. Il s'est "érigé en juge" en "s'arrogeant le droit d'ôter la vie" à sa victime, "sans scrupules", parce qu'elle l'avait trompé.

L'acte a été motivé par un désir de vengeance, nourri par un sentiment "de colère, de haine et de déception". L'homme a "abattu froidement" sa victime, dont il était amoureux, "comme un animal à l'abattoir". Elle lui avait fait miroiter une vie commune pour lui extorquer de l'argent.

Amour déçu

Monteur-sanitaire, l'homme avait fait la connaissance de sa victime fin 2010 alors qu'elle se prostituait dans un bar payernois. Espérant la sortir de la prostitution et qu'elle vienne s'installer définitivement en Suisse, il s'était endetté de 50'000 francs pour la soutenir.

Elle avait ensuite rapidement rompu, prétendument depuis la Roumanie, alors qu'elle était en réalité revenue se prostituer en Suisse. Après avoir découvert que la femme qu'il aimait lui avait menti, l'homme s'était rendu le 12 juin 2012 dans le salon où elle travaillait, muni d'un pistolet chargé.

Deux tirs

Sur place, parce qu'elle ne voulait pas discuter avec lui, il l'avait frappée au visage et forcée à le suivre en la tirant par les cheveux et en pointant son arme sur elle. Dans la rue, alors qu'elle tentait de se dégager, il lui avait tiré à deux reprises dans le front. Très calmement, selon plusieurs témoignages, il avait ensuite ramassé les douilles et a rejoint sa voiture pour s'enfuir.

A l'audience, il a prétendu ne s'être muni d'une arme que pour "faire peur" à sa victime, et que le coup était parti "par accident", sans qu'il ait appuyé sur la détente. Les juges n'ont pas cru à sa version, principalement parce qu'il a tiré deux fois, et parce qu'il a admis durant l'enquête avoir "tiré pour faire peur".

/ATS


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