Conditions de travail illégales pour les médecins-assistants

Les conditions de travail légales ne sont pas respectées pour près de 70% des médecins-assistants et chefs de clinique en Suisse, a dénoncé lundi l'Association suisse des médecins-assistants et chefs de clinique (ASMAC). L'association craint que la santé des patients ne soit en jeu et demande un renforcement des contrôles.

Pour 69% des personnes interrogées, une ou plusieurs dispositions de la loi fédérale sur le travail (LTr), introduite en 2005, ne sont pas respectées. L'ASMAC s'est basée sur une enquête réalisée au premier trimestre 2014 auprès d'environ un quart de ses 13'000 membres dans toute la Suisse.

"Ces résultats sont attristants", a affirmé lundi à Berne devant les médias Nico van der Heiden, responsable politique et communication de l'ASMAC. Ils confirment ce que nous avons déjà dénoncé les années précédentes, c'est-à-dire des violations massives de la loi sur le travail dans la plupart des hôpitaux de Suisse, a-t-il poursuivi. Le sondage montre également que les violations sont plus fréquentes en Suisse romande et dans les hôpitaux régionaux.

Violations du droit

Les médecins-assistants travaillent ainsi en moyenne 56 heures par semaine. Dans la moitié des cas, la durée moyenne de travail dépasse les 50 heures prescrites par la loi. Pour un quart, elle est de plus de 60 heures.

Outre les heures moyennes de travail, les heures supplémentaires sont également montrées du doigt. En moyenne, les médecins-assistants et les chefs de clinique effectuent ainsi par année 141 heures de plus que l'horaire prévu. De plus, "29% des sondés ne connaissent même pas leur nombre d'heures supplémentaires", un constat particulièrement "consternant" pour M. van der Heiden.

Même constatation pour la durée des semaines de travail: 52% des médecins-assistants ont indiqué avoir travaillé au moins une fois plus de 7 jours d'affilée en 2013, ce qui est contraire à la loi. Une situation qui s'est produite plus de quatre fois dans l'année pour 27% d'entre eux, et qui mène au surmenage des praticiens, selon l'ASMAC.

/ATS


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