Conférence sur le climat: optimisme mesuré de la délégation suisse

Les principaux objectifs de la Suisse sont atteints, mais il reste du pain sur la planche, résume la réaction de la délégation helvétique au terme dimanche de la Conférence de l'ONU sur le climat au Pérou. Les positions contenues dans le document actuel sont encore très éloignées les unes des autres.

Un groupe de travail doit reprendre les éléments rassemblés à Lima pour leur donner la forme d'un accord qui pourra être approuvé à Paris, indique l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) dans un communiqué dimanche.

Mais le chef de la délégation suisse à Lima Franz Perrez se montre satisfait. Tous les pays ont pris "très au sérieux ces négociations", a dit Franz Perrez contacté par l'ats dimanche à Lima.

Les âpres discussions témoignent de ce sérieux, selon lui. "Les gros émetteurs ont essayé très fort de préserver leurs intérêts", et les pays touchés par les changements climatiques également, relate le diplomate de l'OFEV. Il ajoute que les tensions étaient manifestes à la fin de la conférence.

Charme péruvien

Trois facteurs ont permis à la conférence d'accoucher de décisions communes dans la nuit de samedi à dimanche, selon M. Perrez. La volonté des pays d'arriver à conclure un accord à Paris en 2015, la pression des pays les plus touchés par les changements climatiques, comme certains petits pays insulaires. Mais aussi le charme de la présidence péruvienne de cette conférence, souligne M. Perrez. "Il y avait une grande confiance en toute son équipe".

L'accord approuvé par les quelque 190 pays définit la suite du processus et "quelles informations les pays devront livrer avec leurs objectifs de réduction d'émissions pour l’après 2020, et ceci d'ici la mi-2015". Ce qui est très important, selon M. Perrez, "c'est que les plus gros émetteurs de CO2 ont adhéré".

Pas contraignant

Cet engagement des pays de livrer des informations précises sur leurs objectifs n'est pas contraignant, admet le chef de délégation. "C'est indicatif. Mais nous partons du principe qu'ils (les pays, ndlr.) le feront". A défaut de l'ONU elle-même, la société civile se chargera de ce contrôle, présume le responsable.

D'une manière générale, la Suisse aurait souhaité davantage de mesures contraignantes, reconnaît M. Perrez. Mais "ceux qui espéraient que toutes les questions cruciales soient résolues à Lima avaient des attentes démesurées".

Négociations à Genève

Ce qui compte désormais, c'est que le processus est défini avant la Conférence de Paris en décembre 2015. "Et il est primordial que l'enjeu de la réduction des émissions ne soit pas dilué", insiste M. Perrez.

L'OFEV souligne tout de même un signe positif pour la politique climatique. Il cite notamment la mobilisation en faveur du Fonds vert pour le climat qui atteint plus de 10 milliards de dollars (9,6 milliards de francs).

Mais d'importants travaux seront encore nécessaires pour rapprocher les Parties, indique l'OFEV. Genève accueillera la première séance de négociation en février 2015.

/ATS


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