Des politiciens suisses veulent des normes pénales plus strictes

Après la mort brutale d'une sociothérapeute à Versoix (GE), des personnalités politiques s'expriment dans la presse dominicale. Certains plaident pour un registre central des délinquants sexuels, d'autres exigent des normes homogènes dans la prise en charge des délinquants dangereux.

Le ministre zougois de la sécurité Beat Villiger, par exemple, se dit favorable à des normes homogènes dans l'encadrement et l'évaluation de délinquants représentant un danger public, rapporte dimanche le "SonntagsBlick".

Dans l'éventualité de sorties éducatives de détenus, il préconise que ces derniers ne doivent être accompagnés que par des hommes. Le Zougois rappelle que la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police a chargé sa Commission pour l'exécution des peines de faire des propositions en vue de normes homogènes.

La conseillère nationale Natalie Rickli (UDC/ZH) annonce le dépôt d'une motion pour changer le Code pénal, rapportent "Le Matin Dimanche" et le "SonntagsBlick". Pour la politicienne, après la première récidive, un délinquant sexuel ou violent ne devrait plus bénéficier de sortie jusqu'au terme de sa peine de prison.

Projet d'initiative populaire

La femme au foyer saint-galloise Anita Chaaban s'est fait connaître en 1998 pour son initiative populaire "Internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents" acceptée à la surprise générale par le peuple en 2004.

Réagissant à la mort d'Adeline, la sociothérapeute qui accompagnait jeudi un violeur récidiviste désormais en fuite lors d'une sortie éducative, Anita Chaaban veut agir, déclare-t-elle à la "Schweiz am Sonntag" ainsi qu'à la "SonntagsZeitung".

La Saint-Galloise entend s'engager en faveur d'un registre central pour les délinquants sexuels ou violents. Elle veut lancer une pétition et si cela ne suffit pas envisage une initiative populaire. Elle exige notamment une transparence totale: les anciens criminels ne doivent pas être supprimés de ce registre pénal.

Vague d'indignation

Le décès d'Adeline a soulevé une vague d'indignation. Les messages de condoléances affluent sur les réseaux sociaux. Un rassemblement est annoncé en sa mémoire lundi en fin d'après-midi devant l'Hôtel-de-Ville de Genève.

La Genevoise de 34 ans travaillait depuis six ans au centre de sociothérapie La Pâquerette, une communauté thérapeutique en milieu carcéral. Elle est devenue mère il y a huit mois.

Adeline voulait démissionner

"A la naissance de sa fille, elle a commencé à avoir peur. Elle était moins confiante", raconte la mère de la défunte dans "Le Matin Dimanche". Adeline comptait donner sa démission: "Elle avait déjà trouvé un nouveau travail et voulait se marier avec son compagnon", révèle-t-elle.

/SERVICE


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