Drame du lac de Bienne: le pilote condamné à 12 mois avec sursis

Plus de trois ans après la mort d'une femme sur le lac de Bienne, un septuagénaire de la région a été condamné mercredi à 12 mois de prison avec sursis. Ce pilote d'un bateau de luxe a été reconnu coupable d'homicide par négligence.

Comme durant tout le procès, l'accusé âgé de 77 ans n'a pas manifesté la moindre émotion à l'énoncé du verdict. Pour la juge unique du Tribunal régional Jura bernois-Seeland, les descriptions faites par les témoins le jour du drame correspondent à la fois au bateau de luxe impliqué dans l'accident et à son propriétaire. L'accusé devra aussi s'acquitter des frais de procédure qui s'élèvent à plus de 90'000 francs.

Vive émotion

Le drame survenu le 11 juillet 2010 sur le lac de Bienne avait suscité une vive émotion dans toute la Suisse. Une femme de 24 ans, qui était à bord d'un canot pneumatique avec son fiancé, a eu les jambes déchiquetées par l'hélice d'un bateau à moteur qui avait percuté leur embarcation.

La jeune femme était morte d'une hémorragie dans les bras de son fiancé, trois semaines avant la date prévue de leur mariage. Le pilote du bateau avait poursuivi sa route. Les soupçons se sont rapidement portés sur l'accusé, un retraité domicilié dans la région. Tout au long de l'instruction, cet homme et les deux femmes à bord de l'embarcation, son épouse et sa belle-soeur, ont déclaré n'avoir rien remarqué d'anormal le jour du drame.

Expertises

Les expertises scientifiques, en particulier la découverte de particules osseuses sur la vis de l'hélice du bateau, ont aussi permis de confondre le principal suspect de ce drame. Pour la juge unique, il n'y a aucun doute à avoir sur le bateau à l'origine de la mort de cette Argovienne de 24 ans.

Le tribunal a donc suivi le réquisitoire du Ministère public qui avait aussi demandé une peine de 12 mois avec sursis durant deux ans. Pour l'accusation, l'inattention et la mauvaise vue du navigateur, qui sera opéré de la cataracte deux jours après le drame, sont à l'origine de l'accident.

La défense avait elle plaidé l'acquittement remettant en cause les résultats des expertises. L'ADN de la victime n'a en effet jamais été retrouvé sur les pièces de l'hélice.

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