En colère, les gardiens de prison genevois se mettent en grève

A Genève, les gardiens de prison refusent de continuer à travailler dans les conditions actuelles. Ils se sont mis en grève jeudi pendant deux heures en exigeant que les autorités apportent des solutions pour retrouver "un rythme de vie acceptable". Cette grève est inédite.

La surpopulation carcérale et la sous-dotation en personnel ne sont plus tolérables, a indiqué devant la presse Christian Antonietti, président de l'Union du personnel du corps de police (UCPC), le syndicat qui défend les agents de détention. Depuis les émeutes de février qui ont fait plusieurs blessés, la situation reste explosive à Champ-Dollon, selon M. Antonietti.

Un service minimun est maintenu pendant la grève, a expliqué le syndicaliste. Les gardiens assurent la sécurité des détenus et le service du feu. Les sorties en cas de libération ou pour se rendre à des audiences sont aussi maintenues.

0,49 gardien par détenu

En revanche, toutes les autres activités, comme les ateliers cuisine et buanderie, les parloirs et les visites ont été interrompues. La grève qui a touché l'ensemble des établissements pénitentiaires du canton a duré de midi à 14h00.

L'UPCP a voulu une action discrète par rapport aux détenus afin de ne pas mettre de l'huile sur le feu comme cela avait été le cas en avril 2013 suite à une manifestation devant Champ-Dollon. La conférence de presse a ainsi eu lieu à plusieurs centaines de mètres de Champ-Dollon, loin du regard des détenus.

L'UPCP exige un ratio de 0,49 gardien par détenu conformément aux exigences légales. Actuellement, cette proportion atteint 0,42: il manque donc 85 gardiens pour compléter l'effectif qui est de 342, selon l'UPCP. Pour rappel, la prison de Champ-Dollon accueille généralement entre 840 et 860 détenus alors qu'elle a été conçue pour 372 personnes.

/ATS


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