Des médias suisses piratés dans l'affaire Giroud

La RTS et le quotidien "Le Temps" ont confirmé avoir déposé plainte contre X, dans l'affaire Giroud après une tentative de piratage de leurs journalistes. Ils jugent extrêmement grave que des rédacteurs puissent être espionnés. De son côté le SRC nie tout lien avec l'affaire.

Contacté par l'ats, le rédacteur en chef de l'actualité à la RTS, Bernard Rappaz, a confirmé qu'un ordinateur de la rédaction avait fait l'objet d'une tentative de piratage il y a quelques semaines, à l'aide d'un "malware (logiciel malveillant) très sophistiqué". Il n'était toutefois pas en mesure de faire le lien entre cette tentative de "hacking" et l'affaire Giroud.

"Nous n'avons pas connaissance des raisons de l'arrestation" mercredi du vigneron valaisan et de trois autres personnes, a-t-il expliqué. Selon lui, c'est au ministère public genevois d'expliquer le pourquoi de ces interpellations.

Liberté de l'information en question

M. Rappaz souligne toutefois que "ce n'est pas une affaire banale". Selon lui, c'est la première fois que des journalistes de la RTS font l'objet d'une tentative de piratage aussi sophistiquée.

Même inquiétude du côté du "Temps". Interrogé par la RTS, le rédacteur en chef du quotidien genevois s'est dit stupéfait par les événements. "La liberté de l'information ne peut être garantie que si les journalistes sont protégés", a-t-il précisé.

La justice genevoise a annoncé dans la matinée que la brigade financière avait interpellé mercredi Dominique Giroud, un hacker professionnel, un détective privé et un agent du Service de renseignements de la Confédération (SRC), après plusieurs semaines d'enquête. Les quatre prévenus sont soupçonnés d'avoir commandité ou exécuté le piratage de plusieurs ordinateurs, dont ceux d'au moins deux journalistes.

Ils ont été entendus par le procureur général de Genève Olivier Jornot. Ils seront à nouveau auditionnés dans l'après-midi par les représentants du Ministère public genevois. Le pouvoir judiciaire n'a voulu donner aucune information supplémentaire.

Aucun lien avec l'affaire

De son côté le Service de renseignement de la Confédération (SRC) affirme n'être mêlé "en aucune manière" à l'affaire Giroud, même si un de ses agents a été arrêté mercredi à Genève. Ce dernier a été libéré de ses fonctions.

Le SRC précise qu'il était au courant des investigations menées à l’encontre de l’un de ses collaborateurs. Il en a d’ailleurs informé le Département fédéral de la défense (DDPS) et les autorités de surveillance, dont la Délégation des commissions de gestion, précise-t-il.

/ATS


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