Incendie au Brassus: 12 ans de prison pour assassinat

Le Tribunal criminel d'Yverdon (VD) a condamné jeudi un homme de 41 ans à 12 ans de prison. En avril 2012, il avait bouté le feu à une ferme rénovée au Brassus et causé la mort d'une des habitantes, âgée de 57 ans.

Le jugement souligne la culpabilité "extrêmement lourde" de l'incendiaire condamné pour assassinat. Le Ministère public vaudois, qui avait requis 20 ans d'emprisonnement, a annoncé son intention de faire appel.

"Risque inconsidéré"

Les juges ont insisté sur le "risque inconsidéré" pris par le condamné, qui "s’est soldé par un désastre", a "ôté une vie et en a brisé deux autres". A décharge, le tribunal retient les aveux complets que l’homme a livrés dès le début de l’enquête et les regrets exprimés, perçus comme "sincères".

La peine, largement inférieure aux réquisitions du Ministère public, tient compte de la personnalité et des troubles du condamné, qui "n’a pas raisonné comme l’aurait fait un être normal au moment des faits". Le Parquet considère qu’un "poids démesuré" a été donné à la personnalité de l’incendiaire.

Permis de bateau annulé

Le condamné et le mari de la victime se connaissent depuis plusieurs années. En 2011, le condamné, mis aux poursuites, lui a demandé d'immatriculer à son nom un voilier lui appartenant, dans le but d'éviter qu'il ne soit saisi.

Le 17 avril 2012, il a appris que son ami avait annulé le permis de naviguer du bateau. Furieux, il est parvenu, après une discussion et une première tentative infructueuse, à bouter le feu à la grange accolée à la maison. Le mari, qui dormait au rez-de-chaussée, est rapidement parvenu à sortir du bâtiment.

Intoxication mortelle

Son épouse, qui dormait au premier étage, a été découverte inanimée sur son lit. Gravement intoxiquée par la fumée, elle est décédée le 20 avril aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). L'incendiaire, après avoir pris la fuite, est allé couler son bateau en faisant un trou dans sa coque avec une perceuse, "pour éviter qu'il parte aux mains" du mari.

Durant l’enquête, il a admis qu’il savait qu’il prenait un risque en boutant le feu au bâtiment, et qu’il savait que plusieurs personnes dormaient dans la maison. L’homme, autiste depuis l’enfance, vouait une affection très forte à son bateau, comparable selon les experts à l’amour d’une mère pour son enfant.

/SERVICE


Actualisé le