L'AIEP tape sur les doigts de la RTS "La Première"

en avril 2013 en affirmant que la Syrie avait utilisé des armes chimiques alors que les faits n'étaient pas suffisamment prouvés. Telle est la conclusion de l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP).

Lors d'une délibération publique, l'AIEP a accepté vendredi, par cinq voix contre quatre, une plainte déposée contre la chaîne de la RTS, a indiqué l'organe de contrôle. Durant "Le Journal du matin", l'animateur avait affirmé à trois reprises que le régime de Damas avait fait usage d'armes chimiques dans sa lutte contre les rebelles. Or, à ce moment-là, les preuves manquaient.

L'AIEP a mené une vive discussion pour déterminer si cette information était secondaire ou si elle constituait un élément central permettant au public de se faire sa propre opinion. L'organe a conclu, à une courte majorité, que le public avait été induit en erreur et ne pouvait ainsi pas se forger une opinion sur l'usage d'armes chimiques.

Présentation fidèle des événements

Cette erreur de la radio de service public constitue une violation du principe de la présentation fidèle des événements, estime l'AIEP. Lors de la discussion, il a été souligné que les journalistes doivent être précis, même lorsque c'est justifié de critiquer un régime. La décision de l'AIEP, après avoir été motivée de manière écrite, peut être contestée devant le Tribunal fédéral.

L'AIEP constitue une commission extraparlementaire composée de neuf membres et présidée par Roger Blum. Elle détermine, sur plainte, si des émissions de radio ou de télévision violent les dispositions relatives au contenu du droit des programmes ou si l'accès au programme a été refusé en violation du droit.

/ATS


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