L'Allemagne presse la Suisse d'appliquer les sanctions de l'UE

Le gouvernement allemand aimerait que la Suisse se joigne aux sanctions prises par l'Union européenne contre la Russie dans le dossier ukrainien. Un parlementaire conservateur a pour sa part affirmé que la Suisse devait faire preuve de "solidarité" avec l'UE sur ce dossier.

Le gouvernement fédéral se réjouirait si des Etats hors de l'Union européenne (UE), dont la Suisse, s'associaient aux sanctions adoptées contre la Russie, a expliqué un porte-parole du gouvernement lundi à Reuters.

Par ailleurs, le vice-président du groupe parlementaire conservateur au Bundestag, Michael Fuchs a critiqué le fait que la Suisse n'adhère pas pleinement à ces sanctions.

"Comme la Suisse profite dans une large mesure de l'UE, ce serait un signe de solidarité qu'elle soutienne maintenant les sanctions de l'UE contre la Russie", a-t-il dit à l'agence Reuters. Il faut éviter que la Suisse puisse être utilisée par les banques russes pour contourner ces sanctions.

Fermeté helvétique

Ces points de vue exprimés outre-Rhin font suite aux déclarations dimanche du ministre suisse de l'économie, Johann Schneider-Ammann. Le conseiller fédéral a affirmé dans un journal dominical alémanique qu'il s'oppose à une reprise des sanctions de l'UE: "Cela doit rester de notre ressort".

Il a souligné que la Suisse a offert dans la crise ukrainienne ses bons offices, notamment au travers de la présidence de l'OSCE qu'elle assume actuellement.

Missile contre le vol MH17

"Ce rôle serait affaibli si nous reprenions les sanctions de l'UE". Une grande unanimité s'est dégagée au Conseil fédéral lors des discussions sur ce sujet, a assuré M. Schneider-Ammann.

Mais si la Russie est coresponsable du tir de missile contre le vol MH17 de Malaysia Airlines, la position de la Suisse sur les sanctions pourrait changer, a-t-il relevé. "Dans la durée, l'Europe a besoin de relations régulières avec" Moscou, selon lui.

Marchés de capitaux

L'UE a annoncé mardi passé de nouvelles sanctions contre Moscou en l'accusant d'implication dans la guerre en Ukraine. Ces sanctions sont les plus importantes décrétées contre la Russie depuis la fin de la Guerre froide. Elles sont entrées en vigueur vendredi dernier.

Concrètement, l'UE réduit l'accès de la Russie aux marchés de capitaux européens. Les entreprises de l'UE ne peuvent plus acheter des obligations, des actions ou tout autre instrument financier auprès des institutions financières russes, notamment les banques publiques, et de leurs filiales.

L'UE a par ailleurs décrété un embargo sur les achats et les ventes d'armes, de matériel militaire et de biens à double usage militaire et civil à la Russie.

/ATS


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