L'Union syndicale suisse veut retirer la Coupe du monde au Qatar

L'Union syndicale suisse (USS) rejoint d'autres mouvements pour dénoncer les conditions de travail "indignes" sur les chantiers en vue de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Dans une lettre datée de mardi, l'USS a demandé à l'Association suisse de football (ASF) de s'engager activement au sein de la FIFA pour que l'organisation de l'événement lui soit retirée.

"Un pays qui traite comme des esclaves les travailleurs chargés de construire les infrastructures d'une Coupe du monde de football n'a pas le droit d'organiser une telle manifestation", écrit l'USS dans un communiqué.

Les ouvriers travaillent dans des conditions dangereuses et certains le paient de leur vie, poursuit le texte. Et de citer des chiffres de l'ambassade du Népal au Qatar, faisant état de 44 travailleurs migrants népalais morts sur ces chantiers entre début juin et début août.

La faîtière syndicale dénonce en outre l'insalubrité et la surpopulation dans les logements destinés aux ouvriers, une situation constatée par l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), qui a effectué une visite sur place début octobre.

Démarches internationales

L'USS se rallie donc à la démarche de la Confédération allemande des syndicats (DGB) et de la Confédération syndicale internationale (CSI). Ces dernières se sont adressées aux présidents de l'association allemande de football.

Le comité exécutif de la FIFA, la Fédération internationale de football, se réunit en décembre à Porto Alegre au Brésil. Si, à cette occasion, il décide de laisser la Coupe du monde 2022 au Qatar, "l'ASF et la FIFA doivent faire pression sur les autorités de l'émirat pour que les normes fondamentales du travail de l'Organisation internationale du Travail soient enfin reprises dans la législation qatarie et appliquées", conclut l'USS.

L'organisation de la manifestation par le Qatar a déjà soulevé des protestations parmi les syndicats. Début octobre, des représentants d'Unia et de l'IBB avaient manifesté devant le siège de la FIFA à Zurich, brandissant un carton rouge pour dénoncer les conditions de travail sur les chantiers.

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