Gaz: Kiev demande à l'UE une rallonge de deux milliards d'euros

L'Ukraine demande à l'UE un "prêt additionnel de deux milliards d'euros", a annoncé mardi la Commission européenne. C'est la somme que réclame la Russie à Kiev d'ici à fin octobre pour reprendre ses livraisons de gaz suspendues en juin. Militairement, Human Rights Watch accuse les belligérants d'avoir fait usage de bombes à fragmentation.

Une rencontre entre l'UE, l'Ukraine et la Russie, en prolongement de la récente rencontre Poutine-Porochenko à Milan, se poursuivait mardi à Bruxelles pour garantir l'approvisionnement de l'Ukraine et des Européens en gaz russe à l'approche de l'hiver.

Avec l'aide de l'UE, Kiev et Moscou discutent actuellement d'un "accord intérimaire" qui prévoit le paiement par l'Ukraine de 3,1 milliards de dollars (2,9 milliards de francs) de factures impayées au géant gazier russe Gazprom, dont deux milliards avant fin octobre.

Cet accord était dans la journée au centre d'une rencontre trilatérale à Bruxelles entre le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, et les ministres russe, Alexander Novak et ukrainien, Iouri Prodan.

Bombes à fragmentation

L'UE et le FMI ont déjà placé sous perfusion l'économie ukrainienne. Bruxelles a promis à Kiev un soutien à moyen terme de 11 milliards d'euros, dont le plus gros en prêts bonifiés.

Sur le plan militaire, un rapport de Human Rights Watch (HRW) a fait sensation mardi en révélant que les forces ukrainiennes, et peut-être les rebelles séparatistes prorusses, pourraient avoir utilisé des bombes à fragmentation lors des combats dans l'Est.

Leur utilisation est interdite par une convention internationale entrée en vigueur en 2010, mais que l'Ukraine n'a pas ratifiée. Ces bombes ou armes à sous-munitions explosent avant de toucher le sol et dispersent plusieurs autres petites bombes.

Des fléchettes dans le corps

Dans un communiqué, HRW dit avoir enquêté pendant une semaine dans l'est de l'Ukraine. "J'ai retiré des dizaines de fois sur des blessés des fléchettes provenant d'armes à sous-munitions utilisées par les Ukrainiens", a affirmé un chirurgien de Donetsk, bastion des rebelles prorusses, confirmant ces accusations.

"Ces petites fléchettes provoquent des blessures en profondeur. Il nous est arrivé de trouver jusqu'à 20 ou 30 fléchettes dans le corps d'un blessé", ajoute le chirurgien.

Les autorités ukrainiennes ont rejeté ces accusations, les qualifiant de "complètement absurdes". Aussi visés par le rapport de HRW, les prorusses ont également démenti leur implication.

/ATS


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