L'assassin présumé de la sociothérapeute genevoise court toujours

L'assassin présumé de la sociothérapeute genevoise est toujours en fuite. La police a perdu sa trace à la gare de Weil am Rhein (D), localité où le téléphone de la victime a été retrouvé. Selon une psychiatre, Fabrice A. est "une bombe prête à exploser de nouveau".

"Violer jusqu'à tuer est comme une drogue. Il y a une addiction à la violence. Maintenant qu'il y a goûté, Fabrice A. va recommencer", affirme Liliane Daligand, experte auprès des tribunaux et professeur à l'Université de Lyon, dans "Le Matin". Elle a observé l'homme lors du procès pour viol, en France en 2003, au terme duquel il avait écopé de 15 ans de réclusion.

La police allemande de Lorräch qui traquait le fuyard avait mis en garde la population contre un individu dangereux et peut-être armé. Sans aucune trace de lui, les forces de l'ordre considèrent qu'il a quitté la région.

Au lendemain de la découverte à Bellevue (GE) du cadavre d'Adeline, les critiques se font entendre. Benjamin Brägger, spécialiste du milieu carcéral, demande un meilleur échange d'informations entre les psychiatres chargés des évaluations des détenus et le système pénitentiaire.

"Des manipulateurs"

"En Suisse romande, le système pénitentiaire et la psychiatrie devraient travailler plus étroitement ensemble. Comme c'est le cas du côté alémanique, où l'on travaille pour la société et non pour le détenu", relève le chargé de cours aux universités de Berne et de Lausanne.

A Genève, il existe une commission de dangerosité dans laquelle siègent des psychiatres et des représentants de la justice, rappelle le conseiller d'Etat Pierre-François Unger. L'organisme examine notamment les cas des criminels tels que Fabrice A. L'enquête administrative devra déterminer si l'évaluation a été faite correctement.

Benjamin Brägger estime que ce n'est pas le cas. Il précise toutefois que "les violeurs sont des manipulateurs de première catégorie. Ils peuvent faire semblant d'avoir appris".

La réinsertion sociale des délinquants dangereux est au coeur de la problématique. Le violeur récidiviste qui purgeait une peine de 20 ans au centre de sociothérapie "La Pâquerette" aurait pu demander une libération conditionnelle en 2015. Cette unité spécialisée le préparait à un retour progressif à la liberté.

/SERVICE


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