L'initiative d'Ecopop rejetée, mais les analystes restent prudents

Pour l'instant, l'initiative d'Ecopop ne séduit guère. Selon un sondage SSR publié vendredi, elle serait rejetée par 58% des personnes interrogées. Mais le comportement des électeurs sans appartenance politique pourrait faire pencher la balance.

Si les citoyens s'étaient rendus aux urnes à la mi-octobre, une majorité d'entre eux (58%) aurait refusé le texte de l'association Ecologie et population (Ecopop), selon un sondage réalisé par l'institut gfs.bern sur mandat de la SSR.

Ceux qui y sont favorables (35% des sondés) sont notamment issus des rangs de l'UDC. L'initiative divise le parti. Ses élites s'y opposent car elle pourrait, en cas acceptation, faire de l'ombre à leur initiative "contre l'immigration de masse" acceptée en février. La base, en revanche, y est favorable à 64%.

Les électeurs des autres partis se prononcent largement contre le texte (entre 73 et 76%). Les personnes qui ne sont affiliées à aucune formation politique soutiennent le texte d'Ecopop à 51%. C'est dans ce groupe également que le nombre d'indécis est le plus élevé.

Méfiance envers le monde politique

Les votants qui montrent de la défiance envers le monde politique sont les plus séduits par les propositions d'Ecopop, remarque l'institut de sondage. Ces dernières rassembleraient une courte majorité (51%) au Tessin et touchent davantage les femmes et les personnes ayant une faible formation. Le texte est par contre rejeté tant en Suisse alémanique (60%) qu'en Suisse romande (56%).

Dans l'argumentaire, l'initiative d'Ecopop est fortement reliée à celle de l'UDC. Ainsi, un tiers des sondés estime que la limitation de l'immigration acceptée en février ne suffit pas. Les deux tiers la jugent au contraire suffisante.

Nombreux sont aussi ceux qui pensent que le texte d'Ecopop n'est pas compatible avec les bilatérales. Le combat des initiants contre la surpopulation n'est partagé lui que par une minorité.

Précédent en février

Même si l'initiative d'Ecopop est pour le moment rejetée par une majorité des sondés, les analystes préfèrent rester prudents. "Lorsque la formation de l'opinion est déjà très élevée, le soutien au texte peut augmenter en cours de campagne", notent-ils. C'est ce qui s'était déjà passé avec l'initiative de l'UDC, créditée lors du premier sondage SSR de 37% des intentions de vote, de 43% lors du second, et finalement acceptée par 50,3% des votants.

/ATS


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