La Suisse répond à l'ONU sur la discrimination raciale

La Suisse a répondu lundi aux critiques du comité de l'ONU sur la discrimination raciale, sans convaincre les experts sur tous les points. Elle a mis en avant ses programmes d'intégration ainsi que les mesures prises pour éviter les abus policiers.

"Il y a 20-25 ans, un groupe pessimiste avait affirmé que la mondialisation économique et culturelle provoquerait des réactions de rejet et une augmentation des discriminations raciales", a affirmé le président du comité José Francisco Cali Tzay. "Il faut constater malheureusement aujourd'hui que ce groupe avait raison", a-t-il dit au terme de l'examen du rapport de la Suisse.

Plusieurs des 18 experts du comité se sont inquiétés des conséquences de l'acceptation de l'initiative sur l'immigration de masse. Lundi, la délégation suisse a exposé les efforts en cours dans l'intégration des étrangers en Suisse et les mesures prises concrètement pour lutter contre le racisme, en particulier au niveau de la police.

"C'est un effort continu et de longue haleine", a fait valoir le chef de la délégation suisse, l'ambassadeur Jürg Lindenmann. Les membres de la délégation ont notamment mis en avant le lancement, le 1er janvier, des programmes cantonaux d'intégration, dont un point porte explicitement sur la protection contre les discriminations.

Dérives de la police

La cheffe de la police genevoise Monica Bonfanti s'est exprimée sur la lutte contre les dérives dans la police et les critères retenus pour le profilage racial. Les plaintes pénales contre des policiers sont en baisse, a-t-elle précisé.

Elle a mis l'accent sur les efforts de formation, les enquêtes diligentées et l'engagement à éviter toute dérive de nature raciste. Sur les délits de faciès et de profilage racial, elle a affirmé qu'ils sont clairement prohibés par la déontologie.

L'expert Ion Diaconu a cependant exprimé ses doutes. Il faudrait interdire dans la loi toute recherche ciblée arbitraire et ne pas se contenter de règles déontologiques, a-t-il dit.

Institution nationale des droits de l'homme

La délégation suisse a également répondu sur les mariages forcés, les violences domestiques, les conditions de la naturalisation, les sans-papiers, le traitement des gens du voyage et des Roms et la compatibilité des initiatives populaires avec le droit international.

Le comité de l'ONU a déploré que la Suisse ne se soit pas dotée d'une législation contre les discriminations au niveau fédéral et n'ait pas créé une institution nationale des droits de l'homme.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes