La mafia, une menace sous-évaluée en Suisse

Le crime organisé est une menace "bien réelle" même en Suisse. La mafia italienne, notamment, blanchit ses fonds de ce côté-ci des Alpes et utilise la Suisse comme zone de repli ou comme base logistique pour ses activités criminelles. L'Office fédéral de la police (fedpol) tire la sonnette d'alarme dans son rapport annuel.

Certaines organisations mafieuses italiennes jouent un rôle déterminant en Suisse, depuis des années, même dans le domaine de la petite criminalité, a déclaré le directeur de fedpol Jean-Luc Vez mardi devant la presse. Les petits délits s'ajoutent au trafic de drogue et d’armes, au brigandage et autres extorsions de fonds menées avec violence.

La mafia diversifie ses activités "car dans le cochon, tout est bon; en clair, elle est prête à faire du fric avec tout, même avec des miettes", a dit M. Vez.

Pendant longtemps, la population et les autorités n’ont pas établi de lien entre les petits délits et les clans italiens, très discrets, admet fedpol dans son rapport. Depuis que l'Italie a renforcé la pression contre la mafia, des membres de divers clans se sont installés en Suisse, surtout dans les régions de frontières avec l’Italie et l’Allemagne.

Calabrais et Géorgiens

La N'drangheta calabraise présente une menace particulière. Cette organisation très cloisonnée est active dans le trafic de cocaïne, le brigandage, le trafic d'armes, la criminalité économique et l'extorsion de fonds pratiquée avec violence.

Les mafieux en provenance des anciens pays de l'URSS, et notamment de Géorgie, utilisent quant à eux la Suisse pour blanchir leur argent. Des centaines de millions de francs sont placés, dispersés, puis rassemblés sur des comptes off-shore par le biais de sociétés écrans.

Drogues et prostitution

Côté Balkans, les groupes criminels de souche albanaise dominent le marché de l'héroïne. Ils renforcent leur emprise aussi dans la migration et la prostitution illégales, le brigandage en bande ou les jeux d'argent, l'extorsion de fonds et la falsification de documents. Certains utilisent restaurants, agences de voyages ou autres petits commerces pour camoufler leurs activités criminelles.

Les groupes slaves sont pour leur part spécialisés dans le trafic de stupéfiants, le brigandage et le recel. Le fort impact de la criminalité d'Europe du Sud-Est ne cesse de se confirmer en Suisse, relève fedpol. Les Africains continuent de détenir une large part du marché helvétique de la cocaïne.

La Suisse n'est pas épargnée par la traite d'êtres humains aux fins d'exploitation sexuelle des femmes. Les victimes sont principalement originaires de Roumanie, de Bulgarie et de Hongrie, mais aussi de Thaïlande, du Brésil ou du Nigeria.

/SERVICE


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