Le Conseil des Etats entre en matière sur un second tube au Gothard

Le sort d'un second tube au tunnel routier du Gothard reste en suspens. Le Conseil des Etats est entré en matière par 25 voix contre 16 sur le projet, mais il doit encore statuer sur des propositions de renvoi au Conseil fédéral. Le verdict est prévu dans une semaine.

Le débat a trop duré pour que les sénateurs puissent achever leurs travaux au bout de trois heures de discussions. La ministre des transports Doris Leuthard n'était pas surprise. "Le Gothard est un symbole, la discussion à son sujet s'enflamme toujours autour de la protection des Alpes", a-t-elle commenté à l'issue des débats.

Le tunnel routier a plus de 30 ans et personne n'a contesté la nécessité d'une réfection. Pour éviter la fermeture de cet axe majeur et ne pas couper le Tessin du reste de la Suisse, le Conseil fédéral propose de construire un second tube qui prendrait en charge le trafic des voitures pendant la durée des travaux.

A la fin de l'assainissement vers 2030, la capacité du trafic ne serait pas augmentée car une seule voie serait ouverte dans chaque sens, la seconde piste servant de bande d'arrêt d'urgence.

Sécurité améliorée

L'axe du Gothard est crucial pour toute la Suisse et l'Europe, ont fait valoir tous les défenseurs du projet. Un second tube améliorerait la sécurité en évitant la circulation bidirectionnelle et le risque de collisions. Les générations futures pourront effectuer les travaux de maintenance tous les 30 ou 40 ans sans fermer totalement le tunnel.

Malgré des coûts devisés à 2,8 milliards de francs, cette solution est la plus judicieuse à long terme, y compris pour des raisons financières. Une fermeture du tunnel obligerait à mettre sur pied temporairement une chaussée roulante onéreuse dont aucun canton ne veut, a relevé la conseillère fédérale.

Surcoûts possibles

Le tube sera financé via la caisse routière. De toute façon, le peuple aura le dernier mot puisque la révision de la loi sera soumise à un référendum déjà promis par les adversaires.

La solution du Conseil fédéral a aussi le grand désavantage de coûter excessivement plus cher qu'une fermeture du tunnel. Et encore, l'administration précise que ses estimations peuvent être dépassées de 30%.

/ATS


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