Le Conseil des Etats exige davantage de gardes-frontière

La Suisse doit recruter davantage de gardes-frontière. Malgré les réticences du Conseil fédéral, le Conseil des Etats a exigé que des mesures concrètes soient prises pour enrayer la criminalité transfrontalière. Il a transmis lundi par 36 voix contre 4 une motion du Conseil national.

La question occupe le Parlement depuis des années. Les Chambres n'ont de cesse de réclamer un renforcement des effectifs, mais le Conseil fédéral rechigne notamment pour des questions budgétaires, a rappelé Claude Hêche (PS/JU).

"Or il y a urgence à agir", selon lui. On sait très bien dans l'arc lémanique que la criminalité organisée passe les frontières, a souligné Géraldine Savary (PS/VD). Idem à Bâle, proie de bandes venues de France, a précisé Anita Fetz (PS/BS).

Malgré la hausse de 35 postes déjà acceptée par le Conseil fédéral, la situation n'est actuellement pas maîtrisée, a critiqué Jean-René Fournier (PDC/VS). La criminalité augmente fortement: de 2010 à mi-2013, le nombre de personnes appréhendées aux frontières est passé de 9500 à 17'200, celui des immigrants illégaux de 5600 à 11'700.

Même phénomène à Zurich

Les cantons frontaliers ne sont pas les seuls à pâtir de la situation, Zurich, par exemple, est aussi touché, a enchaîné l'indépendant schaffhousois Thomas Minder. Et de prédire des scénarios comme celui du bijoutier niçois qui a abattu son agresseur si rien n'est fait pour garantir la sécurité des citoyens.

La motion exige que le Corps des gardes-frontière (Cgfr) retrouve au moins les effectifs fixés à l'entrée en vigueur des accords de Schengen et de Dublin (2012 postes).

Un renforcement des contrôles aux frontières aurait aussi des effets bénéfiques pour la santé, via la lutte contre le trafic de stupéfiants, et les rentrées fiscales, a ajouté Claude Hêche.

Tout en jugeant nécessaire que des mesures soient prises, la minorité n'estimait pas nécessaire de fixer des objectifs précis au gouvernement.

/SERVICE


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