Le Conseil fédéral maintient sa réforme de la prévoyance vieillesse

Contre vents et marées, le Conseil fédéral maintient sa réforme de la "prévoyance vieillesse 2020". Il a transmis mercredi au Parlement son projet sans grandes retouches. Au menu, la retraite pour les femmes à 65 ans, une baisse des rentes du 2e pilier et une hausse de la TVA de 1,5 point d'ici 2030.

L'Union suisse des arts et métiers (USAM) a eu beau lancer une salve encore lundi, le gouvernement a maintenu le cap. Pour lui, il n'est pas question de saucissonner le paquet même si la droite menace de bloquer les travaux aux Chambres fédérales.

Après cinq séances consacrées au sujet, le Conseil fédéral "reste convaincu que la réforme est plus efficace si elle est mise en oeuvre dans un projet unique et équilibré que si elle est scindée en plusieurs projets". En revanche, il se dit ouvert à une application par étapes.

65 ans avec plus de flexibilité

La nécessité de réformer l'AVS et le deuxième pilier pour faire face à l'arrivée à la retraite de la génération du baby-boom n'est pas contestée, a déclaré Alain Berset devant la presse. Le ministre des affaires sociales attend les contestataires au contour: on verra bien qui est prêt à relever ses manches ou qui préfère renvoyer le projet aux calendes grecques, a-t-il lancé. Et à la fin, le peuple aura le dernier mot.

Les grandes lignes du projet, qui vise à couvrir des besoins supplémentaires de l'ordre de 8,3 milliards pour l'AVS d'ici 2030, restent inchangées. L'âge de référence de la retraite sera harmonisé à 65 ans. L'année supplémentaire imposée aux femmes pour obtenir l'AVS devrait être introduite par étapes, sur six ans, vers 2025. Elle rapportera des économies de 1,1 milliard. Les veuves sans enfant devraient perdre leur droit aux prestations.

Les assurés pourront choisir librement le moment de la retraite, entre 62 et 70 ans, avec une perte de rente ou un bonus à la clé. Il sera aussi possible de se retirer progressivement du travail, avec des rentes partielles entre 20 et 80%.

Recettes et conversion

Côté recettes, le relèvement maximal de la TVA en faveur du premier pilier devrait atteindra 1,5 point d'ici 2030 et non 2 points comme prévu initialement. Dès l'entrée en vigueur de la réforme, vers 2020, la taxe sur la valeur ajoutée progresserait de 1 point, rapportant quelque 2,7 milliards à l'AVS. Un demi-point supplémentaire pourra être prélevé vers 2027.

Autre sacrifice en vue, la baisse du taux de conversion du capital de la prévoyance professionnelle (LPP). Celui-ci risque de passer de 6,8 à 6% en quatre ans, réduisant nettement les rentes du deuxième pilier. Un rentier disposant d'un capital de 100'000 francs ne toucherait plus que 6000 francs par an contre 6800 actuellement.

Pour compenser cette perte, le Conseil fédéral mise sur une augmentation des cotisations.

Réactions

La réforme a reçu mercredi comme prévu un accueil mitigé dans les partis. Le PS, les Verts et dans une moindre mesure le PDC soutiennent le projet, alors que l'UDC, le PLR et le PBD veulent procéder par priorités, comme l'âge de la retraite des femmes.

Les syndicats saluent le projet tout en regrettant certains aspects comme la hausse de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans. Les milieux économiques rejettent le paquet global, qui risque selon eux d'échouer devant le Parlement.

/ATS


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