Le bonobo sait faire des signes complexes invitant à la galipette

Le bonobo, ce proche cousin du chimpanzé, est capable de faire des signes invitant un partenaire à s'éclipser pour se livrer à des galipettes, rapportent des chercheurs neuchâtelois dans "Current Biology". Cela témoigne selon eux d'un langage gestuel intentionnel et contextuel que l'on pensait réservé à l'espèce humaine.

En couverture de la revue scientifique, on peut voir une femelle bonobo (Pan paniscus) faisant un geste à un congénère situé à distance, l'invitant à se retirer à un autre endroit pour avoir des rapports sexuels. La scène a été observée dans le sanctuaire Lola Ya Bonobo, en République démocratique du Congo.

Les grands singes font souvent des gestes au cours de leurs interactions sociales mais jusqu'ici, la preuve d'un contenu sémantique manquait, écrivent Emilie Genty et Klaus Zuberbühler, de l'Université de Neuchâtel, avec des confrères britanniques. Le comportement qu'ils ont observé témoigne selon eux de caractéristiques référentielles iconiques et déictiques, ce qui en linguistique signifie qu'elles fournissent des indications symboliques et contextuelles.

Le geste, intentionnel, indique notamment la direction souhaitée et la réaction du partenaire montre qu'il a compris sa signification, selon les scientifiques. Il a été documenté une quarantaine de fois, de la part de dix mâles et de quatre femelles.

Chez l'ancêtre commun

Ces résultats tendent à confirmer l'hypothèse que la référence spatiale a évolué dans la communication chez les primates avant la scission entre le singe et l'homme. Elle était probablement déjà présente chez leur ancêtre commun, concluent les chercheurs.

Le bébé humain, lui, fait ses premiers gestes déictiques vers dix mois et ses premiers signaux iconiques à l'âge de douze mois bien que la capacité à reconnaître l'iconicité de symboles n'apparaisse pas avant 26 mois, soit après l'apprentissage des mots correspondants.

Les bonobos sont connus pour pratiquer le "sexe convivial", notamment dans le but de résoudre les conflits. Les trois quarts des rapports sexuels n'auraient pas de visées reproductives.

/ATS


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