Le chauffard trafiquant de Dormicum écope de six mois ferme

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a condamné un courtier genevois de 31 ans à 36 mois d'emprisonnement, dont six mois ferme. Entre fin 2010 et août 2011, il s'est livré à un trafic de médicaments, le Dormicum. Il s'est également filmé roulant à 324 km/h sur l'autoroute.

Son comparse, un médecin Genevois de 49 ans qui a passé commande des produits, écope de deux ans avec sursis. Le trafic a porté sur 300 boîtes de 100 comprimés, prétendument vendus à une famille saoudienne. Le Ministère public, qui avait requis quatre ans de prison ferme contre le principal condamné, n'exclut pas de faire appel.

"Sans l’ombre d’un doute"

Selon les juges, le courtier était "sans l’ombre d’un doute" le conducteur du véhicule. Reconnu coupable d’entrave à la circulation, l’homme avait prétendu à l’audience qu’il n’était que le passager du véhicule de 600 chevaux, et avait filmé l’excès de vitesse depuis le siège arrière.

Pour le trafic de Dormicum, il n’a été reconnu coupable que d’infraction à la loi sur les produits thérapeutiques, les juges ayant considéré qu’il ignorait que ces produits étaient considérés par la loi comme des stupéfiants.

A sa charge, le tribunal retient ses "mauvais antécédents", le fait qu’il a agi par "appât du gain" et son "absence totale de scrupules". Seuls l’écoulement du temps et une "ébauche de prise de conscience" ont justifié une peine nettement inférieure à celle qu’avait requise le procureur. L’homme, qui a fait présenter un certificat médical par son avocat, ne s’est pas présenté à l’audience de jugement.

Médecin "commerçant"

Selon les juges, le médecin, qui a agi en véritable "commerçant de la médecine", a exprimé des regrets qui ont "paru sincères", et a compris que les actes commis n’étaient "pas tolérables". Il a été reconnu coupable d’infraction grave à la Loi fédérale sur les stupéfiants.

Le Dormicum est en effet un psychotrope soumis à la loi fédérale sur les stupéfiants, fréquemment revendu au marché noir.

C'est en analysant les données du téléphone du principal condamné que les inspecteurs sont tombés par hasard sur l’excès de vitesse commis en avril 2011. Vers 3h30 du matin, il s’est filmé sur l'autoroute A1 entre l'aéroport de Genève et Coppet avec son téléphone portable, atteignant une pointe de vitesse de 324 km/h au compteur.

/ATS


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